Fonds constitué par le produit de la vente du " Château de Bouvignes " légué à la Province de Namur par Monsieur Victor Thirionet et Mademoiselle Angèle Thirionet.
Trois musiciens lauréats de la sélection 2009
À l’heure de son quinzième anniversaire, le Fonds Thirionet a encouragé, comme de coutume, de jeunes artistes talentueux, par l’octroi de bourses destinées à les aider dans leurs perfectionnements.
Unis dans un même amour pour la musique, les trois lauréats de cette sélection 2009 qui ont été reçus, le 26 juin, au Palais provincial de Namur, ont défendu des projets particulièrement novateurs.
Domiciliée à Jambes, la première lauréate, Florence Bailly se passionne très tôt pour le violoncelle puisqu’elle suit déjà, à l’âge de quatre ans, des cours de méthode Suzuki donnés aux Bateliers, à Namur. Après des candidatures et licences en violoncelle au Conservatoire Royal de Musique de Bruxelles, elle effectue, au Conservatoire Royal de Musique de Liège, un 3e Bachelier et deux Masters en violoncelle. Parallèlement, elle obtient un Diplôme de niveau 3 d’enseignement de la Méthode Suzuki délivré par l’Européen Suzuki Association. Avec l’apport de la bourse, Florence Bailly va pouvoir finaliser les cinq ans de ce cursus.

Grâce à l’obtention du diplôme complet d’enseignement de la méthode Suzuki, il lui sera possible d’offrir aux enfants belges, dès l’âge de trois ans, ce type d’apprentissage de qualité du violoncelle. De plus, l’accès à la formation de formateurs lui sera alors ouvert. L’obtention de cet autre diplôme constituerait une grande première en Belgique. Les étudiants ne seraient plus, dès lors, obligés d’aller s’initier en France, en Hollande ou en Allemagne.
C'est aussi une initiative assez inédite, à l'heure actuelle, que présente le deuxième lauréat, Laurent Balthazart, domicilié à Bruxelles mais originaire de Dinant. En effet, il effectue un Doctorat en Art et Sciences de l’Art, une création récente, en co-tutelle entre le Conservatoire Royal de Bruxelles où il a terminé, avec distinction, une licence en écriture et théorie musicale et l’Université Libre de Bruxelles, en collaboration avec le Centre de Musique Baroque de Versailles.

Actuellement seul étudiant diplômé d’un conservatoire à entamer ici cette formation de haut niveau, Fabian Balthazart serait donc le premier musicien belge francophone à être reçu docteur. C'est à la restauration de musique de la première moitié du XVIIIe siècle et, plus spécifiquement, des compositeurs Nicolas Bernier (1664-1734) et Henry Madin (1698-1748) dont les partitions sont conservées à la Chapelle Royale de Versailles, que Florian Balthazart consacre sa thèse de doctorat. Une bourse lui a été octroyée dans ce contexte.
La troisième lauréate, la cantatrice Jasmine Daoud de Lesves avait déjà retenu l’attention du jury, en 2006. À l’époque, elle avait obtenu une bourse qui lui a permis, notamment, de suivre trois master classes de Mirella Freni au Centro Universale del Bel Canto, près de Modène. En effet, alors qu’elle entamait sa formation vocale au Conservatoire Royal de Musique de Liège, elle s’est tournée rapidement vers des cours privés de chant lyrique.

Depuis 2007, elle perfectionne sa technique vocale à Paris, avec la mezzosoprano Hanna Schauer. Elle a chanté son premier rôle, Pallade (Paride ed Elena – Gluck) dans les théâtres de Pise, Livourne et Lucques ainsi qu’à l’Opéra Royal de Wallonie, en octobre 2008 et poursuit depuis une carrière fructueuse. La bourse actuelle a contribué à financer sa participation, en France, à l’atelier lyrique organisé par l’association Escales Lyriques, où elle a été admise après audition et qui a été suivi de la production de l’opéra Hänsel und Gretel de Engelbert Humperdinck, dans lequel elle a interprété le rôle de Hänsel ainsi que d’un récital privé sur l’île d’Yeu, pendant le mois d’août dernier. Il s’agissait, pour Jasmine Daoud, de la première confrontation à la mise en scène avec un professionnel.
Nous consacrerons, dans les prochains Emmène-mois, des articles plus détaillés à ces trois nouveaux lauréats aux parcours des plus prometteurs.