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Maison de la Culture
Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 NAMUR
Tél. : 081 77 67 73
Fax : 081 77 69 59
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JOURNÉES DU PATRIMOINE
ZOOM PATRIMONIAL SUR LA MAISON DE LA CULTURE
LES 13 et 14 septembre 2008
Les 13 et 14 septembre prochains, plusieurs activités animeront la Maison et ses jardins :
- Visites guidées du bâtiment, lieu de représentation et de création emblématique : parcours illustré de sa conception avec photos et documents anciens, découverte insolite des coulisses… de 9 heures à 12 heures et de 14 heures à 17 heures, toutes les 20 minutes. Durée : 40 minutes.
- Rencontre jardinière sur les traces des jardins créés par René Pechère.
- Ateliers pour jeunes de 10 à 14 ans sur la technique du « sténopé ».
Un atelier d’initiation à la photographie par sténopé, une technique photographique sans optique, est organisé pendant tout le week-end. Les jeunes pourront s’essayer à la prise de vue et au développement en chambre noire pour obtenir des clichés argentiques en noir et blanc toujours surprenants, clichés qui viendront agrandir une exposition. Les participants disposeront de boîtes à sténopé de toutes les tailles avec un, deux ou trois trous. Thème : la Maison de la Culture sous toutes ses coutures.

L’atelier dure deux heures et débutera à 9 heures 30, 11 heures 30, 13 heures 30 et 15 heures 30, rendez-vous dans le hall d’entrée.
- Visites insolites de l’imaginaire de l’exposition « Arbre(s) », réunissant des artistes
contemporains tels Giuseppe Penone, Rodney Graham, Alexandre Hollan… grâce à la complicité d’un historien de l’art et d’un conteur qui déclineront les multiples facettes de l’imaginaire inspiré par les arbres.
À cette occasion, les enfants pourront découvrir les riches collections de la Section Jeunesse de la Bibliothèque, relatives à ce sujet, le samedi 13 septembre, à 15 heures 30 et 19 heures 30. Visite : 60 minutes.
Focale sur la Maison de la Culture, bien sûr, pour ces prochaines Journées du Patrimoine : l’occasion de faire le point sur l’architecture, à situer dans le contexte de l’époque.
Le projet d’une future rénovation titille aussi cette curiosité et pousse à remonter le passé jusqu’à la conception originale. œuvre des architectes Victor Bourgeois, tête de file du courant moderniste en Belgique, Jacques Collin, José Ledoux, André Vandeputte et, pour la décoration d’intérieur essentiellement, Georges Lambeau, cet édifice marque le confluent de la Sambre et la Meuse par son architecture en rupture totale avec l’imitation des styles du passé y compris dans les jardins conçus par l’architecte paysagiste René Pechère. C’est donc une équipe renommée, marquée du sceau de l’Exposition 58, qui prend en charge ce carrefour culturel.
Remontons donc le temps sur les traces de cette construction emblématique jusqu’à son inauguration, avec faste, le 24 mai 1964.

Crédit AAM, Bruxelles
Un extrait du discours prononcé lors de son ouverture atteste de l’audace du projet à l’époque :
« Temple de vitres et de béton, édifié à la gloire de l’esprit, à deux pas du rendez-vous traditionnel de la Sambre et de la Meuse, la Maison de la Culture a accueilli, samedi, d’innombrables autorités politiques, culturelles, religieuses, militaires ou administratives pour sa journée de vernissage. Vers 15 heures 30, ce qu’il est convenu d’appeler un "brillant parterre de personnalités" envahissait tumultueusement, un peu au petit bonheur, l’amphithéâtre aux murs écarlates, qui, au cœur de la Maison de la Culture, servira de cadre aux galas théâtraux et aux austères sessions de congrès.
Tant et si bien que, dans le bouillonnement de cette cuvette humaine, les journalistes menaient un combat sans espoir pour “pointer”, sur les listes officielles, une effarante liste d’invités… »
La vocation du lieu dédié à la culture et son évocation dans l’article de presse de l’époque interpellent. Les ambitions des pouvoirs publics en matière culturelle sont claires, comme le souligne Monsieur Born, président du Conseil général de la R.T.B., dans son discours :
« Grâce aux techniques modernes, un monde nouveau est né, celui du loisir, capable de donner à l’homme le goût et la possibilité de l’épanouissement personnel. » Il poursuit en évoquant ce que sera la culture dans un avenir proche : « Elle sera fugace et polymorphe, accessible aux masses ».
Il est impressionnant de voir l’espace consacré à la convivialité. Bar, club et restaurant ont une place considérable, intermèdes obligés aux séances de congrès et aux spectacles annoncés. Mais que sont-ils devenus ?
Monsieur Gruslin, gouverneur en place, rend hommage aux bâtisseurs.
« Cet édifice qui allie le verre à la pierre, c’est, dit-il, à deux pas de la vieille halle aux bouchers, un mariage hardi mais un trait d’union quand même entre l’œuvre des bâtisseurs d’hier et d’aujourd’hui. Ils ont la même ferveur qui animait jadis les constructeurs de cathédrales. Nous voulons maintenant que cette maison soit un relais, à l’antenne assez élevée pour capter la pensée mondiale »
Il s’attache à définir la culture en ces mots :
« Qu’est-ce que la culture, sinon un peu de ce que chacun de nous porte en soi ? Elle n’a ni frontière ni patrie ni capitale. Elle n’est ni l’art, ni la science, ni la technique, ni la philosophie, mais elle est tout cela à la fois. Comment mieux la définir que ne l’ont fait les philosophes antiques : “Je cherche un homme” ou “Rien d’humain ne m’est étranger” ? »
Les coulisses, les loges… bref, les lieux habituellement interdits au public vous seront exceptionnellement ouverts. Expositions, animations, visites guidées seront l’occasion, pour tous les curieux, petits et grands, de (re)découvrir ce lieu particulier durant tout un week-end.
Sources des textes cités lors des discours d’inauguration : Vers L’Avenir, le 25 mai 1964.