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"10e Triennale des Artistes"

De la Province de Namur, à la Maison de la Culture, du 9 septembre au 29 octobre 2006


Secteur Arts Plastiques/Expositions

Contact : Jean-Michel François

Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 NAMUR
Tél. : 081 65 47 90
Fax : 081 22 17 79
Courriel : arts.plastiques@province.namur.be


A l'occasion de la 10e triennale des Artistes de la Province de Namur », nous avons rencontré René Léonard, membre de la Commission des Arts Plastiques de la Province de Namur qui nous a livré son témoignage sur cette initiative: « La relecture que j’ai faite des quelques 350 pages des catalogues des triennales couvrant vingt-cinq années de création plastique me fait imaginer leur reliure en un premier tome de cette aventure dont la discrétion a voilé souvent l’esprit et l’intérêt du contenu que fait apparaître aujourd’hui, comme c’est parfois le cas, un regard “prospectif ” vers certaines actions du passé. C’est la modeste histoire de l’une d’entre elles qu’il me revient d’esquisser.

Les deux premières expositions n’avaient d’autre objectif, avant toute articulation sur des thèmes restrictifs, que de faire le point sur la création plastique du moment en province de Namur, toutes générations confondues.

L’espoir pour l’avenir de rencontres effectives des artistes et du public, voire de leur meilleure insertion dans celui-ci, exclua au départ et définitivement d’ailleurs, à la faveur des règles en vigueur de la Maison de la Culture, toute allocation de prix et de distinction, voire de droit d’entrée. L’art devant se placer en dehors de tout esprit de compétition et sans aucune restriction d’accessibilité. On rêva même après quelques succès de décentralisation dans huit villes belges, en plus de Menton et de Stolberg, d’une sorte de réseau d’art contemporain à travers nos provinces. C’est dire que l’enthousiasme était au rendez-vous. Les membres extérieurs du jury, tels Van Lint et Delahaut, le partageaient pleinement.

En 1983, le graphisme de la couverture du catalogue avec son sigle quelque peu cabalistique (3T)APN 35, annonçait quelque part une ère nouvelle avec l’accueil, dorénavant, de la seule génération des moins de 35 ans. Une sélection où s’inscrivaient délibérément les nouvelles visions contemporaines témoignant de l’audace de l’ouverture de nos provinces sur le monde d’aujourd’hui, et du refus de toute frilosité régionale.

La plupart de ces participants, comme bon nombre de ceux des trois triennales suivantes, se retrouvent aujourd’hui dans des institutions culturelles et d’enseignement ou impliqués dans des travaux d’intégration, de recherches de tous ordres, voire même architecturales. Ils ont maintenu un regard neuf sur les êtres et les choses, les matériaux, les espaces et les techniques exerçant leur potentiel créatif et d’ouverture que notre médiocre sollicitude a laissé bien souvent à l’ombre.

Il suffit de nous remettre en mémoire les projets d’installation, les utilisations du tissu, du papier y compris la photocopie, certaines structures de câbles tubes et verres avec relais électroniques, des totems parodiques, des meubles transgresseurs du quotidien, des boîtes reliquaires, des clepsydres, pièges à eaux et à lumières ; toute une modernité de pointe qui n’a pas mis pour autant entre parenthèse toute l’aventure picturale et graphique de l’intimisme, du réalisme poétique, des accès lyriques ou géométriques de l’abstraction de l’écriture multiple du dessin animé ou non.

La dernière venue dans le concert des arts plastiques, la photographie, « ce développement de l’oeil, cher à Dotremont », qui connaît une telle ampleur ne pouvait échapper au regard des organisateurs. Ils lui consacrèrent la 7e triennale avec un égal bonheur, sans aucune prétention, comme toujours, de son caractère exhaustif.

Elle fut par ailleurs l’occasion de percevoir la place que cette discipline occupe tant dans l’enseignement (l’IATA, la Cambre, le 75, l’IAD, les écoles Saint-Luc…) que dans les organismes publics et asbl, tels le musée de la photographie, Contretype, Photo-graphie, les collections de la Communauté française et tant d’autres. Lorsque l’on sait que la qualité et l’intérêt de telles triennales sont tributaires de la perspicacité des différents jurys qualifiés pour des sélections, on comprendra que j’épingle ici l’article paru dans le 6e catalogue « De la difficulté d’être jury ». L’auteur y développe ce thème courageusement et avec tant de pertinence, que je serais enclin à le considérer comme une sorte de vade-mecum pour tout qui exerce une telle mission. « Le jury, nous dit-il, est à démystifier, étant donné qu’il revient au spectateur d’entrer en scène. » Il me plaît beaucoup de conclure cette rapide et très subjective évocation de ces triennales par celle, si heureusement consacrée à l’architecture (et que l’on peut, je pense, considérer comme une réussite), porteuse qu’elle est d’un nouvel éclairage sur les jeunes de moins quarante ans. Les réflexions ici aussi d’un membre du jury consignées dans l’avant-propos du catalogue m’y convient. « Le choix s’est clairement porté sur ce qui poussait au-delà des banalités du quotidien sur son caractère “ non officiel ”, souvent artisanal, parfois expérimental et aventureux, traversé généralement par une veine poétique et vivante de la création. »

Si on y ajoute cet autre éclairage rétrospectif sur les architectes et oeuvres du XXe siècle dans le Namurois, on ne peut douter que cette triennale et son catalogue fassent date et suscitent des émules ailleurs, et pourquoi pas chez les pouvoirs publics. À ce niveau, il s’agirait d’une rencontre confirmant qu’il existe dans notre pays, comme certains en témoignent, une génération d’architectes généreux doués et intelligents, qui inventent une réalité sensible et qui innocemment la construisent.

Au terme de ce bref survol de ces neuf triennales namuroises qui ont rassemblé plus de cent créateurs, il n’est pas téméraire de faire au moins le constat de la réussite d’une gageure osée par la Maison de la Culture il y a un quart de siècle. Cette initiative ponctuelle, répétée obstinément par quelques passionnés, n’a sans doute jamais fait la une des médias, même locaux, ni suscité des intérêts significatifs du public.

Nous en sommes conscients tout comme nous en percevons les causes par ailleurs bien connues. La peau de chagrin à laquelle sont réduits, dans les programmes d’éducation, les espaces du sensible, de l’imaginaire, de la recherche, de la remise en question, et tout particulièrement dans le domaine des arts plastiques, en est la première. La seconde, et on la comprend mal, est que la Maison de la Culture, qui s’est forgée une place de tout premier plan parmi les institutions similaires, n’ait jamais bénéficié des moyens, des outils et des espaces pour développer le rayonnement auquel elle pouvait prétendre. J’évite délibérément dans son cas, où l’efficacité, la qualité, l’ouverture dans tous les sens, que ce soit d’esprit ou d’accès, seuls comptaient le terme prestige, cet objectif qui mobilise généralement les mécanismes de la publicité et du spectaculaire, trop souvent contreproductifs de la culture vraiment vécue.

Les auteurs de ces triennales n’ont d’autres prétentions qu’une constante prospection de proximité, par sa nature toujours aléatoire à travers les champs de la création toujours en éveil à laquelle ils croient, ainsi qu’à la chance de fruits mûrs. Ils n'ignorent pas que d'autres provinces cheminent dans les mêmes voies, sous des formes qui leurs sont propres. Aussi peut-on risquer le voeu de voir toute cette moisson de jeunes créateurs de nos terres romanes, toujours ouvertes aux autres bien sûr, se rencontrer dans les biennales, triennales ou autres, en marge de ces grandes internationales qui mobilisent, elles, tout le monde de l’art et tous les médias ». René Léonard Cette 10e Triennale s’ouvre à toutes les disciplines artistiques, sans aucune hiérarchie. Désormais, la mode et l’illustration sont de la partie au même titre que la peinture, le dessin, la sculpture, l’installation ou la vidéo et autres implications des nouvelles technologies.

LES JEUNES CRÉATEURS DE LA 10e TRIENNALE :

Katerine Bernier, Françoise Calonne, Evelyne De Berhr, Gille Delhaye, Benoît Félix, Nathalie Garot, Bernard Gilbert, Olivier Gillain, Perrine Mees, Eric Meunier, Virgine Pigeon, Jennifer Reghem.

Cette 10e Triennale des Artistes de la Province de Namur est accessible tous les jours, de 12 heures à 18 heures, du 9 septembre au 29 octobre 2006, à la Maison de la Culture de la Province de Namur, Avenue Golenvaux, 14, à Namur.

 

 


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