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Secteur Arts Plastiques/Expositions
Contact : Jean-Michel François
Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 NAMUR
Tél. : 081 65 47 90
Fax : 081 22 17 79
Courriel : arts.plastiques@province.namur.be
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DAN VAN SEVEREN- LE SPIRITUEL DES FORMES
Du 8 mars au 27 avril 08, à la Maison de la Culture
En peinture, la décantation formelle est la plus belle des tentatives pour atteindre, sans faille, l’âme des formes. La rigueur minimaliste des tableaux de Dan Van Severen a pour objectif de révéler la richesse spirituelle des choses. Dès 1954, le peintre décide d’opter pour un art non figuratif. Il privilégie alors les couleurs sombres et s’éloigne le plus possible des matières riches. Ainsi, des forêts du sombre émerge une lumière éclatante et la beauté des tons gris impose aux compositions une présence hiératique et un calme méditatif. Sans spiritualité, le purisme formel sombre très vite dans la gratuité. C’est l’amour du sacré qui pare les formes épurées de Dan Van Severen d’une profondeur qui se décline au pluriel. Les chemins de croix peints par l’expressionniste Servaes ont particulièrement impressionné l’artiste. La symbolique de la croix imprègne, par ailleurs, toute sa peinture d’une marque indélébile. Outre sa signification religieuse, le symbole de la croix indique non seulement une orientation dans l’espace mais aussi la réunion dans un tout des éléments d’un couple d’opposés. Le travail de Dan Van Severen va, peu à peu, aboutir à un alphabet aux symboles récurrents : la croix bien sûr, mais aussi le carré, le losange, le cercle et les diagonales. L’artiste joue avec la symbolique des formes, il décante les signes à l’extrême pour mieux souligner leur cohérence archétypale. À l’instar de Malevitch, l’art abstrait de Dan Van Severen se transforme en degré zéro des formes, il dépasse l’horizon pour aller vers l’évidence d’un monde d’inspiration suprématiste, libéré des diktats des objets. Tous les pionniers de l’art abstrait, Kandinsky, Mondrian ou Malevitch, étaient à leur façon des mystiques. Ils accordaient à l’art une valeur éthique qui confinait à la transcendance. Ainsi, pour Dan Van Severen, c’est la pureté géométrique des formes qui nous guide vers la contemplation du Beau idéal. Le peintre nous montre l’invisible comme le poète narre l’indicible. À partir des années 1960, les tableaux acquièrent une monumentalité évidente tandis que les tons visent des noirs charbonneux ou des blancs diaphanes. Les toiles deviennent comme des portes ou des fenêtres vers un au-delà du visible. Quant à la gamme des gris, elle se distingue toujours par sa richesse intarissable. Dix ans plus tard, il abandonne la peinture à l’huile pour lui préférer la tempera et l’encre. Le tracé sensible et grêle du crayon court alors librement sur des papiers granuleux. La recherche graphique devient le produit réflexif d’un long cheminement philosophique. L’art naît, avant tout, d’un manque pour Dan Van Severen. Il est aussi l’expression humble et méditative de l’éternel recommencement. En somme, rien de moins selon l’artiste que la « restitution d’un monde perdu depuis le paradis terrestre ».
Olivier Duquenne

Triptyque, huile sur panneau, 1967, 95 x 198 cm, collection Dexia
Notre activité « Art Dimanche » aura lieu le 13 avril 2008, à 10h30, en compagnie des artistes qui pourront vous faire part de leur démarche artistique. Un atelier pédagogique est également proposé aux enfants de 6 à 12 ans (sur réservation).