Province de Namur Province de Namur

Exposition "Half en half"

Pierre Toby, du 13 mars au 22 avril


Secteur Arts Plastiques/Expositions

Contact : Jean-Michel François

Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 NAMUR
Tél. : 081 77 67 73
Fax : 081 77 69 59 
Courriel : arts.plastiques@province.namur.be

Pierre Toby, maquette/prototype, 2009 verre, huile sur verre, carton plume -  projet Musée Ianchelevici

HALF EN HALF - PIERRE TOBY
Du 13 mars au 22 avril 2010, à la Maison de la Culture de la Province de Namur
 
En parallèle à leur exposition personnelle à l’étage, Bernard Villers et Pierre Toby présentent conjointement leurs travaux dans l’espace du hall. Afin d’en savoir plus sur cette collaboration, nous leur avons posé quelques questions.

Interview de Pierre Toby
 
Pierre Toby, pouvez-vous nous parler de votre parcours ?

En fin d’année secondaire, j’avais l’intention de m’inscrire en section peinture à Saint-Luc à Bruxelles. L’atelier peinture était occupé par Marthe Wéry, Thierry de Duve, Pierre Carlier… des personnes qui posaient tout de suite la question de l’intervention artistique. Très vite, on se sent engagé dans une réflexion. J’ai vraiment identifié les choses, en 1981, avec une grande exposition à Cologne, la Westkunst. « Tout » l’art de l’Ouest était représenté dans un immense hall. J’ai reconnu des affinités avec des artistes comme Mondrian, Barnett Newman, Robert Ryman, le sculpteur espagnol Gonzàlez et Gerhard Richter. Ces gens restent, en un sens, très importants pour moi. Parallèlement, je me suis intéressé à l’art ancien. Assez vite, j’ai aussi été, par nécessité, interpellé par d’autres pratiques comme le cinéma et la musique et tout ce qui est en lien avec l’espace et l’architecture. Ce champ extérieur était pour moi, et est toujours, une manière d’impliquer une relation à mon travail pictural.

À la Maison de la Culture, allez-vous présenter quelque chose de spécifique
au lieu ?

Depuis trois ans, je travaille énormément avec des architectes, (Pierre Hebbelinck, par exemple) et sur l’espace1 et il y avait un désir que je puisse montrer une série de travaux que je fais à l’atelier. J’ai essayé d’aborder ce projet-ci de manière plus discrète. Le lieu m’intéresse et je voulais aussi le montrer tel qu’il se présente, avec l’idée de retirer un ensemble d’éléments qui ont été souvent ajoutés à l’architecture. L’architecture de Victor Bourgeois propose une situation, une manière de révéler le lieu ou la lumière qui me questionne et va influencer la façon dont je désire aborder le placement de mes travaux de peinture. Je veux éviter de travailler avec des cimaises afin de révéler le périmètre de la salle. Dans le Hall, j’aimerais faire une intervention au niveau du sol. Puisque dans le contexte d’intégration d’oeuvres d’art, je travaille énormément sur le plafond, cela m’intéressait de placer des pièces au sol légèrement inclinées. Le fait de surélever la plaque de verre de manière pratiquement parallèle à l’inclinaison du plafond, permet de révéler des situations de parcours, des déplacements dans ce lieu. Au premier étage, j’ai l’idée de venir avec des peintures et de déplacer une part importante de mon atelier qui globalise eux ou trois ans de production. Ce sont à la fois des petites pièces qui ont pu être réalisées par rapport à un projet particulier d’intégration, des petites esquisses ou des petits tests. Je voudrais les placer sur des lattes de bois peintes en noir et fixées au mur à environ 1 mètre 50 de hauteur. D’autres verres seront installés au niveau du sol, soit sur des planches, soit sur des lattes. Je vais retrouver une situation d’atelier : prendre une pièce, aller la placer, en prendre une deuxième etc. J’ai une pratique proche de la chorégraphie, il y a une relation au corps et au déplacement qui est assez importante. Ce n’est pas réfléchi mais il y a une forme d’accumulation qui tient compte de la réalité d’un lieu, du corps, de la grandeur de la pièce, de son échelle et de son placement. Je vais travailler avec ces éléments-là. Ce n’est pas une installation ni une pièce mais plutôt un ensemble d’une soixantaine de verres.

Justement, ces verres ont une certaine importance. Comment en êtes-vous venu à peindre sur ce support ?

J’ai d’abord travaillé à la peinture acrylique mais je suis vite venu à la peinture à l’huile. La peinture à l’huile m’intéresse car c’est une technique qui est associée à l’application de la couleur et à la possibilité d’intervenir, donc de travailler avec le temps et la durée. Le support a aussi évolué. Pendant très longtemps, j’ai travaillé sur toile et châssis. Ensuite, j’ai commencé à réaliser quelques prototypes sur verre. Le verre était intéressant car il correspondait bien à l’accumulation de couches, au fait d’ajouter un élément sur un autre. Le résultat n’est pas perceptible au départ. Le rapport est différent avec la toile car on voit ce que l’on peint et on se dirige en fonction. Le verre, par sa qualité, possède une couleur qui va altérer celle que j’applique au dos. Car je place la couleur au verso, si vous voulez. Lors du retournement de la pièce, je réceptionne une couleur que je ne connais pas. La question de la réception est très importante pour moi car il n’y a pas de questions de déplacements, de modifications ont radicalisé mon travail. Avec la toile, je travaillais visuellement, pas avec le verre. Je suis en phase d ’observation et je deviens aussi spectateur au même titre que le public. Je travaille donc toujours sur des éléments concrets par rapport à un projet particulier : la lumière, le contexte la situation… Tout cela fait qu’il y a une série d’éléments qui vont changer.

Pierre Toby, Projet en collaboration avec l'atelier Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit, Bouge, 2006/2009

Projet en collaboration avec l'atelier Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit, Bouge, 2006/2009
© Philippe De Gobert

Vous exposez en compagnie de Bernard Villers, le connaissiez-vous auparavant ? Comment voyez-vous cette collaboration ?

Je le connais de loin. J’apprécie sa légèreté dans le champ de la peinture. On ne parle pas de la même chose ni de la même façon mais on est tous les deux intéressés par la peinture. Dans le Hall, c’est une rencontre qui est proposée. Cela me plaît mais, en même temps, je suis très autonome. Dans les expositions collectives, je n’adapte pas mon travail. Je pense que cela permet au spectateur de faire lui-même un rapprochement. Dès le départ, j’avais l’idée de travailler au sol. Bernard, lui, va travailler sur les murs. Le titre « Half en half » résume bien cette idée de rencontre. C’est une réflexion entre deux oeuvres autonomes. Le terme m’intéresse plus particulièrement car il pourrait aussi définir mon travail. C’est le même concept : on prend deux choses, les couches, et on les additionne.

L’exposition de Pierre Toby, organisée par le Service de la Culture de la Province de Namur, est accessible tous les jours, de 12 à 18 heures, sauf les 4 et 5 avril. 
Télécharger le dossier pédagogique 


1 Un travail d’intégration de Pierre Toby est visible à l’agence Dexia à Bouge, Chaussée de Louvain, 440. Atelier d’architecture Pierre Hebbelinck et Pierre de Wit.

Illustration du haut de la page : Maquette/prototype, 2009
verre, huile sur verre, carton-plume - projet Musée Ianchelevici
© Pierre Toby 


 


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