Province de Namur Province de Namur

Exposition Jo Delahaut

du 15 mai au 27 juin


Secteur Arts Plastiques/Expositions

Contact : Jean-Michel François

Maison de la Culture de la Province de Namur
Avenue Golenvaux, 14
5000 NAMUR
Tél. : 081 77 67 73
Fax : 081 77 69 59 
Courriel : arts.plastiques@province.namur.be

Oeuvre de Jo Delahaut

JO DELAHAUT
Du 15 mai au 27 juin 2010, à la Maison de la Culture de la Province de Namur
Télécharger le dossier pédagogique
 
À l’occasion de notre programmation 2010 consacrée à l’art abstrait (centenaire), il nous a semblé essentiel de montrer l’œuvre de Jo Delahaut. Cet artiste, né en 1911 à Vottem-lez-Liège et décédé en 1992 à Schaerbeek, a voué la plus grande partie de sa carrière artistique à l’abstraction. Depuis la création de sa première oeuvre non-figurative en 1946, Jo Delahaut n’a eu de cesse d’explorer les voies multiples de la tendance géométrique. Retour sur le parcours de cette figure incontestable de l’art abstrait en Belgique.

Après des études à l’Académie des Beaux-Arts de Liège où il suit notamment l’enseignement d’Auguste Mambour, Jo Delahaut s’inscrit en histoire de l’art à l’Université de Liège. Il y décroche sa licence et ensuite un doctorat ayant pour sujet le néoclassicisme en Belgique (1939). En 1936, il devient professeur à l’athénée de Schaerbeek (jusqu’en 1962) et enseigne par la suite à l’INSAS et à l’ENSAV La Cambre (1962-1976). Les premières œuvres de Jo Delahaut sont fortement stylisées et suggèrent une influence de la peinture post-cubiste de Picasso. Sa première exposition personnelle a lieu aux Nouvelles Galeries de Charleroi, en 1942. À partir de 1946, Delahaut expose avec les membres de la « Jeune Peinture Belge » et du Groupe « Apport » dont il est le porte-parole. L’ extrême schématisation des formes le mène vers l’abstraction. Un an plus tard, il participe au Salon des Réalités Nouvelles à Paris et se lie d’amitié avec Auguste Herbin. Son travail partage avec le peintre français la même rigueur géométrique. Par la suite, Delahaut bandonne définitivement toute allusion figurative (1949). Il collabore à la revue Art d’aujourd’hui et fait de l’écriture une activité régulière. Pour l’artiste, « La géométrie est […] la science la plus représentative de l’homme. Elle ajoute à la clarté d’un exposé, elle est lisible, compréhensible intuitivement même par ceux qui en ignorent la théorie1. » Il travaille aussi des oeuvres en relief sous l’influence de Vasarely et fonde, en compagnie de Jean Milo, le groupe « Art abstrait » en 1952, à Bruxelles. À partir de 1953, Jo Delahaut trouve son style propre. Les structures de ses toiles évoluent vers d’autres formes géométriques et les tons vifs laissent place à des couleurs plus sombres (1953-1956). En 1954, il signe avec Pol Bury, Elno et Jean Séaux le Manifeste spatialiste dans lequel il revendique une « nouvelle expression plastique qui dépasse les notions de surface et d’espace telles qu’on a pu en faire jusqu’ici l’expérience ». Il met également sur pied le cercle « Formes ». Dans sa volonté de défense et de promotion de l’art, Jo Delahaut publie Le dessin à l’école. Contributions à l’école nouvelle ; principe d’éducation plastique (1957). Son travail connaît, entre 1958 et 1960, une courte période matiériste. Ensuite, il s’intéresse au courant américain du Hard Edge dont Ellsworth Kelly fut l’un des principaux pionniers. Cette influence « minimaliste » montre une tendance à l’épuration qui se généralise dans son travail. Ses formats deviennent alors de plus en plus grands. Jo Delahaut fonde le groupe « Art Construit » la même année. Après 1962, avec la série des Signes, l’artiste développe une configuration organique qui s’apparente notamment au travail de Jean Arp ou de Sophie Taeuber. À côté de ses tableaux et sérigraphies, Delahaut produit également des reliefs ainsi que d’autres projets en trois dimensions. Il a réalisé plusieurs projets d’intégration, notamment, une fresque pour la station de métro Montgomery (Bruxelles) ou des oeuvres murales à Montignies-sur-Sambre. Son oeuvre présente une évidente valeur sociale : « L’art doit participer à la vie quotidienne, s’incorporer dans le décor journalier et aider de la sorte l’homme à se dégager du passé et à s’accorder au présent »2, précise-t-il. Ses différentes séries (Archétypes, Suggestions, Syncopes etc.) témoignent de ses recherches sur la géométrie, la composition et les couleurs.

peinture de Jo Delahaut

Opposition, Tableau, 1981. Peinture à l'huile, 95 x 68 Donation S. Goyens de Heusch Musée de Louvain-la-Neuve © Jean-Pierre Bougnet - Musée de Louvain-la-Neuve © SABAM Belgium 2010
En 1982, les Musées Royaux des Beaux-Arts organisent une rétrospective de son œuvre. D’autres expositions d’ampleur suivront, notamment à l’étranger (Musée d’Art Contemporain de Montréal, Leopold Hoesh Musem de Düren etc.). Jo Delahaut n’a cessé de renouveler son travail, tout en poursuivant une voie initiée dès le départ. Il laisse une oeuvre à la fois multiple et profondément cohérente dont on n’a pas fini de découvrir les richesses. Sans être une rétrospective, l’exposition de la Maison de la Culture évoque le parcours artistique de Jo Delahaut par la présentation d’oeuvres particulièrement significatives.

1 Jo Delahaut, Conversation avec Ignace Vandevivere, Éd. Tandem, 1989
2 Voir le Manifeste spatialiste.

Cette manifestation, organisée par le Service de la Culture de la Province de Namur sera accessible tous les jours, de12 à 18 heures, sauf le 24 mai.
Entrée libre.


Un catalogue sera édité à cette occasion. Texte de Denis Laoureux. Témoignages de Pierre Baudson, Tibèrt Bayet, Gabriel Belgeonne, Jean-Pierre Maury, Philippe Robert Jones, Léon Wuidar.
Vernissage : le 14 mai 2010, à 18 heures 30

Point Vidéo

Du 15 mai au 27 juin 2010
, le point vidéo diffusera le court métrage Jo Delahaut de David Mileikowsky. Promenade en voiture de sport et partie de squash enfiévrée, au premier abord, le film de David Mileikowsky semble bien éloigné de la rigueur géométrique des tableaux de Jo Delahaut. C’est qu’il est inutile, ici, de penser retrouver la personnalité de l’artiste belge. En parfait cinéaste, Mileikowsky aborde son sujet en totale liberté. Jo Delahaut est une création cinématographique personnelle d’un réalisateur qui a repris l’oeuvre de Delahaut à son propre compte. Les compositions du peintre belge deviennent le point de départ d’une fable originale. Dans cet univers fantasque, les oeuvres de l’un trouvent des accointances graphiques avec les fictions de l’autre. Le court métrage de Mileikowsky est davantage un film avec Delahaut plutôt que sur lui. Il n’en rend pas moins un vibrant hommage à cette grande figure de l’abstraction belge.

Art dimanche
le 30 mai 2010, de 10 heures 30 à 12 heures 30

Notre dix-huitième Art dimanche sera consacré à l’exposition Jo Delahaut. Denis Laoureux, Docteur en histoire de l’art et auteur du catalogue, sera notre guide lors de cette manifestation. Cette activité se terminera vers 12 heures 30 par le verre de l’amitié. Pendant que les parents assisteront à la visite, les enfants de six à douze ans auront l’occasion de participer à un atelier pédagogique en
relation directe avec l’exposition.
Le Secteur Arts plastiques et la Bibliothèque principale jeunesse s’associent pour ouvrir l’atelier pédagogique aux jeunes enfants sourds et malentendants. L’atelier pédagogique est donné à la fois en langue orale et en langue des signes.
Inscription indispensable au T. 081 77 55 25. 

Oeuvre en haut de la page : Sans titre (Ière peinture abstraite), Tableau, 1946. Peinture à l'huile, 45 x 40,5 Donation S. Goyens de Heusch Musée de Louvain-la- Neuve © Jean-Pierre Bougnet - Musée de Louvain-la-Neuve © SABAM Belgium 2010
 


Agenda culturel

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