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Musée provincial Félicien Rops
Contact : Véronique Carpiaux
Rue Fumal, 12
5000 NAMUR
Tél. : 081 77 67 55
Fax : 081 77 69 25
Courriel : rops@ciger.be
Internet : www.museerops.be
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L'OEUVRE SECRÈTE DE GUSTAV-ADOLF MOSSA
Du 30 janvier au 16 mai 2010, au Musée provincial Félicien Rops
Mossa est considéré aujourd’hui comme le dernier peintre symboliste français. Son oeuvre, déjà reconnue avant la Première Guerre mondiale, a été ensuite volontairement occultée par l’artiste lui-même.
Il vécut toute sa vie à Nice et se consacra essentiellement à sa fonction de conservateur du Musée des Beaux-Arts de la ville, poste qu’il occupa dès 1926. Son oeuvre symboliste et sulfureuse fut cachée, puis redécouverte dans les réserves après sa mort en 1971.
À l’instar de Gustave Moreau, son travail symboliste est hanté de références à la littérature : il revisite les textes fondateurs de la culture occidentale et apprécie certaines figures évoquant la décadence telles que Judith, Dalila, Salomé, Sapho...
Mais à la différence de ses contemporains, Mossa innove en inscrivant ces figures dans son siècle, la Belle Époque. Dans les détails minutieux de ses oeuvres, il développe une riche iconographie de l’Art nouveau : mobilier, costumes, bijoux.
Il puise également son inspiration chez les écrivains de son temps (Baudelaire, Barbey d’Aurevilly, Gautier) et écrit lui-même des poèmes et pièces de théâtre.
La femme est omniprésente dans son oeuvre, sous l’apparence de la femme fatale, voire phallique et castratrice ; elle est ange et démon à la fois. Par son travail, Mossa explore son propre inconscient et met en scène le conflit perpétuel des pulsions de vie et de mort : Eros et Thanatos. À l’instar de Félicien Rops, de nombreuses oeuvres de Mossa apparaissent encore provocantes de nos jours.
Mais le traumatisme de la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle il sera blessé près d’Ypres, introduit une cassure dans son travail qui sera ensuite plus sombre, plus désespéré. Après 1918, il y mettra lui-même un terme et occultera sa carrière artistique.

Gustav-Adolf Mossa, Sapho, huile sur toile, 65 x 50 cm, collection particulière
Entretien à bâtons rompus avec_Yolita René, la commissaire de l’exposition
À quand remonte votre rencontre avec les oeuvres de Gustav-Adolf Mossa ?
Il y a une quinzaine d’années à mon arrivée à Nice, cette riche métropole artistique. C’est au Musée des Beaux-Arts, où se trouve une collection exceptionnelle de ses œuvres symbolistes, que j’ai fait sa rencontre.
L’exposition cible la période symboliste de l’artiste, pouvez-vous nous en dire plus ?
Son génie artistique s’exprime dans sa jeunesse, d’une fulgurance telle celle de Rimbaud, à travers sa brève période symboliste 1902-1912, présentée à l’exposition. Après 1920, il occulte volontairement son oeuvre symboliste et sulfureuse qui ne sera redécouverte qu’après sa mort en 1971.
Il se dégage entre Mossa et Rops un « dialogue posthume », comme vous l’avez vous-même appelé.
Cinquante ans séparent les deux artistes. Si Rops est à l’aurore du mouvement symboliste, Mossa le clôture avec la même ironie décapante que son aîné. À travers le thème d’éros et Thanatos, Rops et Mossa se rejoignent ; ils jettent un regard satirique sur la mort et sur la femme, dont cette dernière est généralement la cause. La femme est omniprésente dans l’oeuvre de Rops et de Mossa à travers les madones sataniques, femmes cruelles et dominatrices envahissant leurs oeuvres. Mossa donne une vision littéraire et théâtrale de la femme fatale et l’incarne dans le mythe tandis que Rops la démystifie en l’introduisant dans le prosaïque et avilissant les désirs sexuels.
Mossa a également des liens particuliers avec la Belgique…
Le peintre a fait un voyage particulièrement marquant en Belgique, en août 1911. D’ailleurs, à l’issue de celui-ci, il opère un véritable tournant dans son art. En s’intéressant au Moyen Âge des légendes et des enluminures, il clôture sa période symboliste et crée des oeuvres essentiellement allégoriques. Lors de ce voyage, il visite Bruxelles, passe à Mons et à Waterloo, puis s’arrête à Anvers et à Gand. Enfin, il visite Bruges, la ville de sainte Ursule, qui a inspiré de nombreux artistes symbolistes, constituant ainsi pour Mossa un véritable pèlerinage. Il ramène trente-neufaquarelles de Bruges dont La Châsse de sainte Ursule, présente à l’exposition. Cette dernière est un hommage à Memling. En janvier 1912, une exposition sur le thème « Bruges et les Flandres » se tint à l’ «Artistique» de Nice, montrant les œuvres inspirées par le voyage récent de Mossa. Maurice Maeterlinck, qui résidait alors à Nice et a pu ainsi visiter cette exposition, a manifesté son vif intérêt pour le peintre : « Évidemment ce n’est pas Bruges la Morte (...) c’est une Bruges de soleil (...) celui qui a peint cette Bruges-là est un bel artiste. »
Ouvert du mardi au dimanche, de 10 heures à 18 heures
Tarif : 3 € - réductions : 1,50 € et 1 € pour les écoles - gratuit pour les moins de douze ans
Audio-vidéo-guides (iPod Touch) : commentaires sur les oeuvres, mot d’accueil par la commissaire et interview de la petite-fille de l’artiste… disponibles au prix de 2 €.
Dossier pédagogique disponible sur le site http://www.museerops.be
Réservation visites guidées : T. 081 77 67 55
ACTIVITÉS ANNEXES
Réservation obligatoire : T. 081 77 67 55
Du 12 au 16 avril 2010
Stage : « Stylisme Belle Époque »
Ce stage portera sur la conception et la fabrication d’accessoires : coiffes, chapeaux, bijoux, composés de tissus et rubans, perles et plumes d’oiseaux, représentations d’insectes, de poissons et serpents maléfiques, motifs végétaux et floraux antiques ou encore têtes de mort…
Stage réservé à quinze enfants de huit à douze ans.
Coût de la semaine : 60 €.
Vendredi 23 avril 2010, à 19 heures
Soirée ciné-club avec la projection de La femme et le pantin, film de Josef von Sternberg, tourné en 1935, avec Marlène Dietrich.
Dans l’Andalousie de la fi n du XIXe siècle, un homme tombe sous le charme d’une chanteuse durant le carnaval. Rencontre fatale qui le mènera de déchéance en déchéance…
Le film sera introduit par Muriel Andrin, chargée de cours à l’Université Libre de Bruxelles.
À 19 heures, accès libre à l’exposition temporaire, buffet et boissons.
À 20 heures, présentation du film et projection.
Prix : 7 € (buffet compris)
Dimanche 25 avril 2010, de 10 à 18 heures, entrée gratuite à l’exposition.
À 14 heures 30, visite guidée gratuite.
Photo du haut de la page :
Gustav-Adolf Mossa, Les Vierges sages, 1906, aquarelle et mine de plomb sur papier blanc, 58 x 45 cm, collection particulière. (détail)