Province de Namur Province de Namur

Expositions Antoine Wiertz/Joel-Peter Witkin

jusqu'au 30 décembre 07


Musée provincial Félicien Rops
Contact : Véronique Carpiaux

Rue Fumal, 12
Tél. : 081 22 01 10

Maison de la Culture
Contact : Jean-Michel François

Avenue Golenvaux, 14 
T. : 081 22 90 14


LES RELATIONS DE MONSIEUR WIERTZ
Antoine Wiertz, Henri de Groux, Jean Delville, James Ensor, Fernand Khnopff, François Maréchal, Armand Rassenfosse, Félicien Rops, Léon Spilliaert et
JOEL-PETER WITKIN


Dans le contexte de la double exposition consacrée aux relations de Monsieur Wiertz, qui se tient actuellement au Musée Rops et à la Maison de la Culture de la Province de Namur, jusqu’au 30 décembre 2007, Corentin Snauwaert et Olivier Duquenne ont rencontré Christian Pacco (historien d’art et auteur du catalogue sur Antoine Wiertz, héros romantique) et Baudoin Lebon (directeur de la galerie d’art représentant Joel-Peter Witkin). Ils leur ont posé quelques questions.

Depuis combien de temps vous intéressez-vous à Antoine Wiertz ?
Christian Pacco : En 2006 était célébré le deuxième centenaire de la naissance d’Antoine Wiertz, à Dinant. Ce fut l’occasion d’étudier cet artiste que je connaissais mal.

Qu'est-ce qui vous fascine chez lui, dans son œuvre ?
Wiertz rêvait de gloire. Elle ne fut jamais au rendez-vous. Il va en concevoir une amertume profonde qu’il va dissimuler très habilement dans ses œuvres. Bien avant les symbolistes, la peinture de Wiertz se lit à plusieurs niveaux. Mais il faut fouiller pour comprendre et ce travail est passionnant.

Qu'est-ce que l'exposition peut apporter au public (en terme de communication, sensibilisation à l'art...) ?
La confrontation avec des artistes d’autres époques est intéressante. Elle permet de comprendre comment les mêmes préoccupations ou obsessions passent de générations en générations mais sont traitées différemment en fonction des cultures ou des circonstances du moment. L’art n’est qu’un moyen d’expression, les questions restent les mêmes.

Quelles sont les sources d'inspirations d'Antoine Wiertz ?
Wiertz était cultivé, il multiplie les références littéraires et artistiques. Le diable, l’ange déchu, le mal, sont des obsessions issues du poète anglais Milton, mais aussi de Goethe et son Faust. Wiertz devait admirer Hugo dont il relaie le combat contre la peine de mort et dont il adopte la libre-pensée. La philosophie voltairienne le séduit. La littérature fantastique de Dumas ou de Poe lui donne l’occasion de traiter des sujets morbides. D’un point de vue plastique, il admire à la fois Rubens et Raphaël, ce qui semble marier eau et feu, mais dans l’esprit du 19e éclectique, cela peut susciter des recompositions étonnantes.
Interview réalisée par Corentin Snauwaert

Comment avez-vous fait la connaissance de Joel-Peter Witkin ?
Baudoin Lebon : Witkin exposait dans une galerie spécialisée dans la photo qui s’appelait Texbraun. Or il se trouve que je travaillais beaucoup avec eux. Un jour, ils m’ont demandé de financer les achats de ses photographies. C’est en 86 ou 87, lorsque la galerie a fermé, que j’ai fait plus intimement sa connaissance. Au début, j’étais un peu hésitant, je me posais des questions sur la profondeur de son travail. Je me demandais s’il n’y avait pas là de la provocation gratuite. Très vite, j’ai senti qu’il y avait une vérité derrière son propos. Pour moi, il n’y a aucune provocation dans l’œuvre de Witkin, c’est essentiellement un travail sur la vie et l’humain. Petit à petit, il y a eu un rapport de complicité et de compréhension entre nous.

Witkin est en total décalage vis-à-vis des ambitions de la photographie contemporaine, qu’est-ce qui vous a plu chez lui ?
Ce qui m’intéresse chez un créateur, c’est son originalité. Je travaille avec des artistes aux résultats apparents très différents. Ce qui m’intéresse, avant tout, c’est que cela corresponde à notre époque.

Pourtant Witkin fait constamment référence à l’art du passé
Il n’y a pas d’art contemporain sans connaissance du passé. Il y a forcément un lien ou un fil rouge car on ne peut faire du nouveau sans concevoir l’ancien. Aujourd’hui, beaucoup d’artistes refont de l’ancien sans le savoir, simplement par manque de connaissance ! Witkin utilise un médium actuel, la photo, qui repose, pour lui, sur une digestion et une sublimation de l’art occidental. Mais, au-delà de ça, il y a une force, une énergie qui me fascine. Son modernisme n’est pas toujours apparent. La preuve, c’est que son travail dérange dans le sens où il pose question. Souvent, le travail technique qui est derrière, est complètement oublié. Il n’y a pas de chef-d’œuvre sans transcendance technique.

Vous avez dit une chose troublante, c’est que Witkin parle de la vie. Or, il faut bien avouer que la plupart du temps il montre des cadavres !
Pour lui, la mort c’est la vie. Le Beau, pour Witkin, n’est donc pas ce qu’il est pour la plupart des gens. Il affirme souvent que la Beauté traditionnelle n’est qu’une affaire de propagande. On a tous le droit d’être différents les uns des autres. Le monstre qu’il photographie fréquemment, symbolise, en fait, la peur de l’étranger. Le rapport à l’altérité est fondamental chez lui.

Pourriez-vous nous éclairer sur le rapport complexe qui lie Witkin à la peinture ?
Je pense que Witkin est un peintre avant d’être un photographe. On revient ainsi à l’histoire même de la photographie. Les pionniers de ce genre étaient des peintres qui se servaient de ce médium pour faire des tableaux. C’est le cas chez Witkin. Il se préoccupe du cadre, de la composition, de la mise en scène, des jeux de lumière et des tonalités. C’est pour cette raison que, depuis quelques années, il n’a pas pu s’empêcher de rajouter de la couleur dans ses photos. Il utilise de la peinture à la cire, l’encaustique est la seule peinture qui n’a pas d’acidité sur le papier photographique.

Les mises en scène baroques et symboliques de Witkin sont extrêmement soignées, rien ne semble laissé au hasard
Il faut savoir que derrière chaque photo, il y a au moins un an de travail ! Cela commence par des croquis. Il y a évidemment le déclic qui vient d’une reproduction d’un tableau ou d’une sculpture dans un catalogue. Il y a ses promenades dans les musées. C’est quelqu’un qui a une culture vraiment extraordinaire. A partir de là, il fait de nombreux dessins et après, il cherche les modèles, les objets, vêtements et lieux nécessaires pour ses mises en scène. S’il n’obtient pas l’ensemble de tous ces éléments, il ne fera pas sa photo. Mais une fois que la photo est faite, ce n’est pas tout ! Il faut encore la travailler. Cela fait maintenant 20 ans que je participe à ses créations. La dernière à laquelle j’ai contribué, est le Radeau de George Bush. Witkin hésitait à la faire, pour des raisons politiquement correctes. Pour le pousser à réaliser ce projet, je suis même allé sur place à Albuquerque. Lorsque je suis arrivé la veille de la prise de vue, les 17 modèles étaient là et le décor était achevé. Il m’a alors donné ses directives car il avait tout programmé. Nous étions trois à nous occuper d’environ six personnages et en trois quarts d’heure, la photo était faite !

Que pensez-vous du rapprochement avec l’œuvre d’Antoine Wiertz ?
Quand on voit un tableau comme Faim, Folie et crime, on peut se rendre compte des éventuelles similitudes. Wiertz produit un travail fantasmagorique, il y a également, chez lui, une recherche de la vérité et de la justice, tout comme chez Witkin. Avec sa tête tranchée, Wiertz était pour la justice et contre la peine de mort. D’une autre façon, Witkin est aussi pour la justice, sinon il n’aurait jamais fait le Radeau de George Bush !
Interview réalisée par Olivier Duquenne

Musée provincial Félicien Rops, Rue Fumal, 12, à Namur
Ouvert de 10H00 à 18H00, tous les jours, sauf le lundi et le 25 décembre
Internet : http://www.ciger.be/rops -Courriel : rops@ciger.be

Maison de la Culture de la Province de Namur, Avenue Golenvaux, 14, à Namur
Ouvert de 12H00 à 18H00, tous les jours, sauf le lundi et le 25 décembre
Internet : http://www.province.namur.be
Courriel : arts.plastiques@province.namur.be

Prix d’entrée: Maison de la Culture + Musée Rops : 5 € - réduction : 2 €
Entrée libre les dimanches : 09/09, 07/10, 04/11, 02/12
Réservation visites guidées : T. 081 22 01 10

Catalogues en 2 volumes reliés en coffret, éditions Somogy (Paris), 184 p., 90 illustrations couleur. Prix : 34 € - uniquement dans le contexte de l’exposition, les volumes pourront être vendus séparément : Volume I : 24 € 50 Volume II : 15 € 50

Activités annexes
Visites commentées des expositions par Pierre-Paul Dupont et Olivier Duquenne, les 7 octobre et 4 novembre 07, à 15H00, au Musée provincial Félicien Rops et à 16H00, à la Maison de la Culture de Namur. Entrée libre.

« Art Dimanche » : rencontre exceptionnelle avec Joel-Peter Witkin, à la Maison de la Culture de Namur, le 11 novembre, à 10H30, entrée libre. (heure sous réserve)

Concert de musique romantique par les élèves de l’IMEP. Musée provincial Félicien Rops, le 13 décembre 07, à 12H00, prix : 5 € (avec collation).

Dossier pédagogique disponible sur le site http://www.ciger.be/rops/dossierpeda


Agenda culturel

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L'Agenda du Service de la Culture est aussi disponible au format pdf...

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