FUSION
Du 6 avril au 19 juin 2011, Pôle Bijou galerie, à Baccarat
Le Pôle Bijou de Baccarat accueille du 6 avril au 20 juin l’exposition Fusion proposée par l’Institut d’Enseignement des Arts, Techniques, Sciences et Artisanats (IATA) et l’Office des Métiers d’Art de la Province de Namur (OMAPN), en collaboration avec
le Service de la Culture de la Province de Namur et le Service des Musées en province de Namur.
Cette exposition, scindée en deux parties, retrace l’histoire du verre et du bijou à travers le développement de la cristallerie, d’une part, et la formation aux métiers de la bijouterie, d’autre part. Le titre Fusion a été choisi pour son évocation de la fusion du verre et du métal, techniques de base du travail de ces deux matières étroitement liées aux métiers du verre et de la bijouterie. La première partie, proposée par le Service des Musées en province de Namur, est consacrée au patrimoine verrier namurois et met l’accent sur les liens historiques entre Baccarat et Vonêche. La seconde partie, proposée par l’IATA et l’OMAPN, en collaboration avec le Service de la Culture de la Province de Namur, est, quant à elle, consacrée au bijou contemporain et évoque l’histoire de la formation à la bijouterie en province de Namur ainsi que les nombreux bijoutiers belges de talent sortis des écoles de la province de Namur.
L’exposition est accueillie à Baccarat dans le contexte d’un projet d’échanges avec le Pôle Bijou. Le Pôle Bijou est un regroupement de compétences complémentaires du monde de la bijouterie en un même lieu. Il dispose d’un très bel espace d’exposition de plus de deux cents mètres carrés et d’un espace boutique mais est également un centre de formation aux métiers de la bijouterie et un lieu de regroupement de professionnels.

Coupe à fruits Cristal incolore (taille riche) et bronze doré. Vonêche. H. 29,6 cm. Diam. : 31 cm. Coll. Ch. Van den Steen, Sevry. © IRPA/KIK, Bruxelles
À travers cette exposition, le patrimoine verrier namurois est mis en valeur à l’étranger par le rappel historique du rôle prépondérant joué par les cristalleries de la province de Namur dans l’essor de la filière cristal et dans le développement de villes comme Baccarat. L’aventure du verre et du cristal fait partie intégrante de l’histoire du Namurois. De nombreuses fournaises, dont les traces sont visibles au Musée archéologique de Namur, étaient présentes dans nos régions. Au cours du Moyen Âge, on y fabrique du verre creux très souvent coloré d’une teinte verte. Vers 1500, les Vénitiens mettent au point le cristallo (verre limpide et translucide) qui n’a rien à voir avec le cristal au plomb dont la paternité revient à l’Anglais George Ravenscroft en 1676. Au milieu du XVIIIe siècle, le Namurois Sébastien Zoude se manifeste dans le domaine de la verrerie. Par tâtonnements et espionnage industriel, celui-ci va trouver la formule du cristal. Jusqu’en 1867, les descendants de Sébastien Zoude poursuivront l’activité verrière dans le quartier de la Basse-Neuville à Namur. Parallèlement, Aimé-Gabriel d’Artigues, scientifique et industriel français, devient le propriétaire de la cristallerie de Vonêche qui sera la plus importante du continent européen et dont l’activité se situe entre 1802 et 1830. Ensuite, avec la chute de l’Empire, la cristallerie perd le marché français. C’est à ce moment, en 1816, qu’il acquiert les Établissements de Vonêche à Baccarat. Le propriétaire abandonne alors le verre au profit du cristal. Malgré l’arrivée d’une main-d’oeuvre spécialisée venant de Vonêche, la manufacture est en difficulté et il cède son entreprise à trois nouveaux propriétaires en 1823. Ceux-ci créent la Compagnie des Verreries et Cristalleries de Vonêche à Baccarat. La société mère située près de Beauraing poursuit ses activités mais le déclin s’annonce. Les mésententes du propriétaire avec ses directeurs accélèrent le déclin de l’entreprise. Les directeurs quittent la manufacture et créent en1826, la Société anonyme des Verreries et Établissements du Val-Saint-Lambert à Seraing. L’état physique d’Aimé-Gabriel d’Artigues, la concurrence naissante du Val-Saint-Lambert mais surtout la Révolution belge de septembre 1830, interrompant les relations économiques avec la Hollande, seront fatals à la cristallerie de Vonêche.
À l’instar du verre et du cristal, l’histoire de la bijouterie en Belgique est étroitement liée à la région namuroise et à ses filières de formation à l’artisanat d’art. Le patrimoine bijoutier namurois, et plus largement wallon et belge, est également mis à l’honneur dans cette exposition à travers le rôle indéniable joué par les écoles de la province de Namur, École d’Art de Maredsous et ensuite IATA, dans ce qu’est le bijou belge contemporain aujourd’hui. C’est en 1903 que l’École d’Art de Maredsous ouvre ses portes. On n’y forme pas encore des artistes mais des artisans destinés à devenir d’excellents exécutants. Les prémices d’une section bijouterie y voient le jour mais sous l’aspect orfèvrerie d’abord et uniquement consacrée à l’art néogothique religieux. La période d’entre-deux-guerres verra progressivement le style néogothique dans l’art religieux décliner au profit de l’émergence d’un mouvement d’art sacré moderne auquel l’École d’Art de Maredsous se rallie. Celle-ci opère alors un changement de cap radical en s’ouvrant aux courants artistiques de l’entre-deux-guerres. Trente ans après sa création, l’école va s’orienter vers la formation non plus d’exécutants de talents mais de véritables artistes en encourageant ceux-ci à développer leur créativité dans des oeuvres d’art personnelles. De nombreux artistes de renom formés à cette époque viendront composer les rangs de la création contemporaine belge notamment dans le secteur de la bijouterie. En 1964, l’École d’Art de Maredsous fusionnera avec l’École artisanale de Namur, à l’origine de l’IATA. Les options artisanales qui sont proposées à l’IATA ont été, pour une large part, créées en 1903 par l’École d’Art de Maredsous, reprise dans la continuité. Ayant abandonné l’orfèvrerie à la suite d’un violent incendie, on y enseigne aujourd’hui, dans la section des métiers du bijou, la bijouterie, la joaillerie, le sertissage et, plus largement, l’horlogerie.

© Charly Gooskens et Jean Pons - IATA
Pour le volet sur le bijou contemporain de l’exposition Fusion à Baccarat, l’IATA propose une sélection de dix-huit bijoutiers belges formés soit à l’IATA, soit à l’École d’Art de Maredsous. Outre ces deux principaux centres de formation qui se sont succédés en province de Namur, en dehors et à proximité de ceux-ci, des artisans d’art se sont réunis sous la houlette de l’Office des Métiers d’Art de la Province de Namur. L’OMAPN collabore avec les quatre autres Offices des Métiers d’Art, situés dans les provinces du Brabant wallon, de Hainaut, de Liège et de Luxembourg, pour donner à l’artisanat d’art wallon la renommée qu’il mérite. Réunis au sein d’une Entente interprovinciale des Métiers d’Art de Wallonie, ceux-ci s’associent et conjuguent leurs efforts pour organiser ou participer à des manifestations, salons ou expositions en Wallonie mais aussi, à l’instar de cette exposition au Pôle Bijou de Baccarat, hors des frontières. Neuf créateurs de bijoux, membres des Offices des Métiers d’Art wallons, ont ainsi été sélectionnés pour participer à l’exposition Fusion.
Ce sont donc vingt-sept bijoutiers belges qui ont été sélectionnés pour exposer leurs créations à Baccarat. Lors de cette sélection, l’accent a été mis sur des créations réalisées dans un esprit contemporain et priorité a été donnée aux créateurs innovants, tant dans le choix des matières que dans la manière de les travailler mais également dans les formes et les couleurs. Les oeuvres variées, composées de métaux, précieux ou non, mais aussi de papier, plexiglas, résine, verre, textile etc. proposées par ces vingt-sept créateurs, témoignent de la diversité des matières et des techniques propres aux métiers de la bijouterie. Cette sélection de pièces uniques, qui se veut représentative de toutes les expressions de la bijouterie contemporaine, toutes matières confondues, met à l’honneur la création pure, parfois inédite, de temps en temps décalée, souvent extravagante, toujours contemporaine et originale.
Les dix-huit bijoutiers proposés par l’IATA et de l’Ecole des Arts de Maredsous
Nathalie BE IJERS, Siegfried DE BUCK, Simon DE LAHAYE, Chris DE LVOYE, Sébastien DESMET, Laurent DIOT, Bernard FRANÇOIS, Maëlle LADURON, Patrick MARCHAL, Martine MAYENCE, Michel MOUSSET, Véronique OSHE, Emile SOUPLY, Gwennaël THERASE, Nelly VAN OOST Suzy VERQUERE, Julien WALRAEDT, Claude WESEL
Les neufs bijoutiers proposés par les Offices des Métiers d’Art wallons
Cécile DALCQ, Christine KEYEUX, Sabine LONDOT, Thierry RIGATI, Françoise ROLIN, Frédéric ROSIUS, Nadine SIZAIRE, Dominique THOMAS -VANSTENBERGHE, Monique VOZ
Pôle Bijou Galerie
Rue du Port, 13 à 54120 Baccarat (Meurthe & Moselle - France)
T. 00 33 (0)3 83 76 06 99 - mailto:info@polebijou.com - www.polebijou.com
L’exposition est accessible du 6 avril au 14 mai (horaire d’hiver), tous les jours sauf le mardi, de 10 heures à 12 heures 30 et de 13 heures
30 à 17 heures, et du 15 mai au 19 juin (horaire d’été), tous les jours de 10 heures à 18 heures . Entrée payante : 5 € (réductions diverses)
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