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Musée provincial Félicien Rops
Contact : Véronique Carpiaux
Rue Fumal, 12
5000 NAMUR
Tél. : 081 22 01 10
Fax : 081 22 54 47
Courriel : rops@ciger.be
Internet : rops@ciger.be
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L’exposition "Poste restante à Namur. Félicien Rops, “indécrottable Namurois”», organisée en collaboration avec l’asbl « Archives photographiques en Namurois », retrace la présence de l’artiste dans les ruelles namuroises du XIXe siècle.
Né le 7 juillet 1833, place Marché au Beurre à Namur (actuelle Place Chanoine Descamps), Félicien Rops fréquente le Collège des Jésuites, l’Athénée royal, l’Académie des Beaux-Arts et participe à différentes animations namuroises. Il gardera de son enfance à Namur des souvenirs contrastés et laissera dans sa correspondance les traces de ses relations ambiguës avec sa ville natale : « (...) je vais à Namur (…) pour revoir les vieux coins de maisons où étant gamin on se flanquait de si belles tripotées avec le petit voisin, & où pour la première fois on a donné « une grosse baise » à la petite voisine » ou encore : « A Namur, il n’y a place que pour la pensée bourgeoise, honnête et conformiste. L’enthousiasme y est condamné comme toutes les ivresses. »
L’exposition permettra de se rendre compte de l’importance de la famille Rops dans le paysage namurois de l’époque. Le père de Félicien, Nicolas Joseph Rops, marchand de tissus imprimés, mais également rentier, achète en 1828 un grand terrain dans l’actuelle rue Pépin où il construit une maison bourgeoise dans laquelle Rops vivra et aura son premier atelier. Musicien, joueur de terpodion, Nicolas Joseph fait profiter son jeune fils des répétitions avec ses amis. L’atmosphère familiale de la maison natale, la boutique paternelle avec ses « indiennes », les références citées par Rops à propos de son univers d’enfant (les fables de Jacob Cats, la musique de Steibelt) seront évoquées à travers une scénographie attrayante.
Portraits de sa grand-mère, de sa grand-tante, photo de sa mère, actes de naissance, de mariage ou de décès habiteront cet espace. La famille de Rops est également présente dans des associations locales comme la Société royale d’horticulture de la Province de Namur qui organise concours et expositions. En 1859, Félicien Rops réalise une lithographie qui illustrera le catalogue d’une des expositions horticoles à Namur. Il participe lui aussi à ces concours, comme en témoigne ce filet dans la gazette locale en 1859 : « les nombreux amis de Félicien Rops apprendront avec bonheur que le spirituel dessinateur joint au sentiment artistique le goût de la culture maraîchère, et qu’il vient d’obtenir à l’exposition agricole de sa ville natale, une médaille de bronze, pour un magnifique chou frisé. » Dès 1843, Félicien fréquente le Collège Notre-Dame de la Paix, à Namur. Plusieurs documents retrouvés dans les collections des Facultés Universitaires de Namur, attestent de l’appartenance de Félicien, enfant, à la bonne bourgeoisie pieuse et respectable qu’il critiquera par la suite. En 1849, il s’inscrira à l’Athénée royal de Namur. Néanmoins, il sera toujours reconnaissant de l’éducation reçue : « C’est que j’ai appris dans ces doux collèges de Jésuites, abrités de la Banalité utilitaire et ventrue, un tas de choses inutiles qui ont fait le charme de ma vie, et je leur suis reconnaissant de ces spirituels loisirs. »
En 1849, Félicien Rops s’inscrit également à l’Académie des Beaux-Arts de Namur où il suit l’enseignement de Ferdinand Marinus. La jeune académie, fondée le 23 novembre 1835, est installée dans un ancien couvent de religieuses, « Les Annonciades », rue des Fossés (actuelle rue Emile Cuvelier), au coin d’une impasse nommée la ruelle des Annonciades. Un accrochage typique du XIXe siècle permettra au public de découvrir les amis peintres que Rops connut lors de son passage à l’Académie de Namur. Par la mise en valeur d’une partie de la collection de l’asbl « Archives photographiques en Namurois », l’exposition retrace l’ambiance de Namur : ruelles, places, anciens métiers, loisirs, gens de la bonne société ou ouvriers auront leur place aux cimaises. Les écrits de l’artiste ne sont pas oubliés pour accompagner ces photographies car trognes namuroises, bourgeoises ou bohèmes, sont décrites au fil de la correspondance de Rops, cyniquement ou amicalement croquées… Les relations de Rops avec Namur resteront ambiguës. Bien que cherchant la reconnaissance : « Si je suis mort, demande que l’on grave mon nom sur un bout de rocher aux fonds d’Arquet. Je laisserai quelques sous pour payer le rocher et le terrain, afin que mon nom ne reste pas tout à fait inconnu à ceux qui viendront, & qui naîtront à Namur au siècle prochain », il ne peut s’empêcher de choquer les Namurois et de dénoncer l’hypocrisie de son temps : « Ah ! Namur ! Les pavés se levaient d’eux-mêmes pour me lapider et la police locale est doublée lorsque je me promène en la rue des Fossés-Fleuris ! Ici je fais naître sous mes pas légers le fiel & l’amertume. Quand je passe dans la rue de l’Ange, le notaire se sent plus gros, l’avoué plus crasseux, le gros major oublie le rapport, l’épicier me suit d’un regard haineux et les grandes demoiselles qui remontent la « grande Plasse » à la queue leu leu se raidissent dans leurs immuables corsets comme si je voulais les délacer devant papa. »
L’exposition « Poste restante à Namur. Félicien Rops, “indécrottable Namurois” », est présentée du 14 octobre au 30 décembre 2006, de 10 heures à 18 heures tous les jours sauf le lundi, au Musée provincial Félicien Rops, Rue Fumal, 12, à Namur. Vernissage : vendredi 13 octobre 2006, à 18 heures 30. Exposition organisée en collaboration avec l’asbl « Archives photographiques en Namurois » , les Archives de l’Etat à Namur, les Facultés universitaires de Namur, La Piscine de Roubaix, la Galerie Tzwern à Bruxelles. Un journal-catalogue est publié à l’occasion de cette exposition. Il reprend des articles abordant les différents thèmes de l’exposition. Auteurs : Emmanuel Bodart, Michel Brickx, Marie-Christine Claes, Philippe-Edgar Detry, Pierre-Paul Dupont, Michel Hermans, Véronique Leblanc etc. Prix : 5 €
Un ouvrage consacré à la généalogie de Félicien Rops est également publié à cette occasion. Recherches réalisées par Géniwal asbl : J-L. Delsipée, G. Rousseau, A. Vroye, avec l’aide de J-M. Rousseau. Prix : 20 € Entrée : 3 € - prix réduit : 1,5 € Billet combiné (collection permanente et exposition temporaire) : 5 € prix réduit : 2,5 €