ALTERNOFILMS
LES ALTERNATIVES CINEMATOGRAPHIQUES DE LA PROVINCE DE NAMUR
Le 14 février 2012, à 20 heures, à la Maison de la Culture de la Province de Namur
Ciné-concert
Koyaanisqatsi
États-Unis, 1983 / de Godfrey Reggio / couleur / 86’
Ce film sera projeté avec un accompagnement musical de cinq musiciens.

Godfrey Reggio a mis six ans pour faire ce film. Koyaanisqatsi (Ko-yaa-nis-qatsi) est un terme tiré de la langue hopi, peuple d’Amérique du Nord voisin des Apaches et des Navajos. Il signifie : vie folle, vie tumultueuse, vie se désagrégeant, vie déséquilibrée, mode de vie non viable devant être remis en question.
Le film n’utilisant pas de mots, la communication passe par une série d’images d’Amérique du Nord, depuis la nature sauvage (la wilderness) jusqu’aux villes et l’industrialisation massive. Le film montre d’abord la nature, puis ensuite comment elle a été façonnée de manière anarchique par l’homme, dans une sorte de folie furieuse menant à sa propre perte.
Critique du productivisme, le film est surtout un véritable appel à la prise de conscience écologique ; sorti en 1983, il a ainsi un véritable statut d’avant-garde qui doit lui être reconnu.
Le film n’est ni une oeuvre narrative, ni un documentaire. Il propose simplement des images où l’on joue sur les échelles d’espace et de temps pour montrer au spectateur le monde où il vit sous un angle différent et l’inviter lui-même à conclure dans le sens qu’il jugera bon. On peut considérer ce film par moments comme une description enthousiaste de la technologie, parfois au contraire comme une vive critique de celle-ci.
Une chose ne fait pas de doute à la vue du film : la technologie qui, il y a peu (du temps des Hopis, par exemple), n’était qu’utilitaire, est maintenant omniprésente et se développe selon sa logique propre. Une image impressionnante d’une ville vue du ciel à différentes échelles se termine par la photographie des circuits d’un microprocesseur. L’image est claire : la population humaine, quand elle est prise dans son ensemble, a à peu près autant de liberté d’action que les électrons dans un microprocesseur. Même si l’individu reste libre, son ensemble, lui, ne l’est plus totalement et n’est pas programmé pour l’être. La frénésie de l’activité urbaine (dans la très esthétique séquence The grid, tournée à l’accéléré) alterne avec une image frappante d’ennui et de vide intérieur des individus quand ils ne sont plus en train de produire (séquences passées au ralenti).
Tarifs : adultes : 5 €, étudiants et seniors : 4 €, Art. 27