DJANGOFOLLLIES
Le 21 à 21 heures
Joost Zoeteman
Le 22 à 20 heures 30
Fabien Degryse & Friends (Jacques Pirotton, Pieter Hertmans, Yves Teicher et Bart de Nolf)
À la Maison de la Culture de la Province de Namur, Avenue Golenvaux, 14, à Namur.
Comment célébrer l’anniversaire de Django Reinhardt ? Le fantastique guitariste de jazz pour qui tout a commencé dans une roulotte en Wallonie le 23 janvier 1910, le « manouche » qui inspire encore maintenant tant de musiciens ?
Le nom du Festival Djangofolllies résume la manière de rendre hommage à Django Reinhardt.
À l’image de Django, voyageur, les Djangofolllies se déroulent en plusieurs endroits de Belgique et au même moment.
Pour la dix-septième édition de ce festival, neuf groupes se partageront neuf villes belges.
Ainsi, Namur aura le plaisir d’accueillir, le vendredi 21 janvier, Joost Zoeteman, qui nous fera vivre un moment de swing ; mais aussi, samedi 22, Fabien Degryse, qui nous a accordé une interview.
Pouvez-vous nous rappeler votre projet dans le cadre des Djangofolllies ?
Le club de jazz bruxellois la Jazz Station m’a demandé, il y a plusieurs mois, de préparer un projet spécial pour fêter dignement ses cinq ans d’existence. Après réflexion, je lui ai proposé de mettre sur pied un « Hot Club de France » qui ne jouerait que des compositions de Django Reinhardt, vu que c’est aussi l’année du centième anniversaire de la naissance du grand guitariste belge. Un groupe identique donc à ce groupe mythique : trois guitares acoustiques, un violon et une contrebasse. Mais comme ni moi ni les autres guitaristes du groupe ne sommes des guitaristes manouches, nous avons décidé de nous réapproprier ces morceaux, de les transformer et de les adapter à notre sensibilité proche, qui est plutôt mainstream, voire jazz contemporain.
Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à accepter l’invitation de la Maison de la Culture à participer à ce festival ?
Tout le travail d’adaptation ayant été fait et l’accueil du public ayant été extrêmement enthousiaste, nous avons réalisé que ce projet méritait de vivre un peu plus longtemps qu’une seule soirée. Ainsi, lorsque le festival Djangofolllies nous a proposé de le présenter dans d’autres lieux, c’est avec beaucoup d’enthousiasme que nous avons accepté. Et les occasions de jouer du jazz à Namur étant particulièrement rares, en dehors des concerts organisés par la très dynamique Jazz ‘8’ asbl, je me réjouissais d’autant plus de venir fin janvier.
Au vu de votre parcours personnel en tant que musicien et pédagogue, selon vous, qu’est-ce qui différencie ce projet des autres?
De toute évidence, ce projet-ci est, d’un point de vue musical, le plus original que j’ai entendu tout au long de cette année d’anniversaire de Django Reinhardt. Parmi la grande quantité de concerts d’hommage, il y a bien eu quelques projets audacieux d’un point de
vue de l’instrumentation : je pense par exemple à ce concert à Paris où cent guitaristes manouches ont joué ensemble. Mais dans cette prestation, nonante-neuf guitaristes jouaient l’accompagnement et un guitariste (fort amplifié) jouait le solo. Je ne vois pas vraiment l’intérêt de faire cela, musicalement parlant, même si j’en comprends très bien l’intérêt médiatique...
Je préfère de loin effectuer un travail de recherche pour jouer les morceaux de Django comme ils n’ont jamais été joués auparavant, tout en maintenant l’esprit de chaque morceau intact. Que les lecteurs se rassurent cependant, nous n’avons pas cherché non plus l’originalité à tout prix et le résultat reste à chaque fois parfaitement accessible !
Quel message souhaitez-vous faire passer au public des Djangofolllies avec votre projet Remembering Django Reinhardt ?
Je ne suis pas un guitariste manouche mais je respecte infiniment le guitariste Django Reinhardt. Quelque temps avant notre concert de septembre, j’étais chez Philip Catherine et il m’a fait écouter un enregistrement rare de Django à la guitare électrique, qui était tout simplement fabuleux ! Beaucoup de guitaristes manouches se contentent de reproduire les soli de Django, alors qu’il était lui-même le premier à innover, à chercher quelque chose de neuf à jouer sur sa guitare. J’espère être beaucoup plus dans l’esprit de la musique de Django en faisant ce que nous faisons avec ce projet : chercher, innover, tenter d’aller plus loin à chaque fois. Je ne suis pas sûr que, si Django était encore en vie, il jouerait du manouche...
En 1995, vous rendiez hommage à René Thomas ; aujourd’hui, à Django Reinhardt. Dans le futur, si vous en aviez la possibilité, pour quel autre artiste souhaiteriez-vous renouveler l’expérience et quelles seraient vos motivations ?
Je ne tiens pas à passer ma vie à rendre des hommages !!! Mais ces deux occasions se sont présentées à moi et je les ai saisies. Je ne sais pas dire aujourd’hui où j’en serai dans vingt ans. Serai-je toujours en vie ? Toujours guitariste ? De jazz ? Si la réponse à ces trois questions est oui, peut-être aurais-je une autre occasion de rendre un hommage à un guitariste ou à un musicien qui m’a marqué. Mais peut-être celui-ci ne me marquera-t-il que dans quelques années... Qui vivra verra !
Tarifs et réservations :
Maison de la Culture, avenue Golenvaux, 14 à Namur. T. : 081 77 52 09 - 081 77 67 73
Tarif plein : 12€ / moins de 26 ans et seniors : 9 € / abonnements 9 € - moins de 26 ans et seniors : 6 €
Tickets également disponibles dans les Night and Day en province de Namur et sur Ticketnet.be