PETITE FILMOGRAPHIE DU TEMPS
Sept classes du secondaire, de la troisième à la cinquième, ont planché sur la quatrième dimension. Il en est sorti huit courts métrages d’animation. Ils forment un tout à la manière des miscellanées, imprévisibles et instructifs, nécessaires et bigarrés. Ils seront mis à l’honneur le temps d’une matinée de diffusion sur grand écran.
Diffusion ouverte au public, à la Maison de la Culture, le 28 avril 2010, de 9 heures 30 à 11 heures 30
Entrée gratuite sans réservation. Renseignements : Alain Pasleau
« Et donc voilà, on va se pencher sur le temps, avoir de la suite dans les idées et mettre le tout en image. Oui, c’est bien ça. Mais attention, ici, c’est le temps qui passe, pas le temps qu’il fait (...) » Nous devons toujours revenir sur cette précision, d’entrée de jeu. C’est comme cela depuis le XIIe siècle, ça c’est l’étymologie. Et on n’y changera plus rien. Beaucoup d’eau a coulé, depuis le temps ! Deux véritables homonymes de notre belle langue maternelle. Le temps qui passe c’est pas le temps qu’il fait ; quoique le temps qui passe fait bien des choses. On s’y est donc intéressé au plus près, au temps qui passe... Mais là, on commence à tourner en rond ; le temps nous manque ; le temps n’est pas une réalité cyclique pour tout le monde. Je vous expliquerai, c’est une question de temps.
Le temps, cette fraction de la durée, cette succession d’occupations de la vie, nous nous en imprégnons assez tôt finalement. D’abord des bribes, par l’impression toute relative de sa durée suivant le degré d’attention qui nous captive ou de bien-être que l’on ressent. Puis viendront, avec notre développement personnel, le milieu culturel dans lequel nous baignons aidant, des acceptations de la notion temporelle de plus en plus nombreuses, bien concrètes mais aussi abstraites et même difficiles. Le temps est une réalité (mais est-ce une réalité, d’ailleurs ?) avec laquelle la pensée humaine s’est vite conjuguée sur des modes philosophique, scientifique, psychologique, existentiel, mythologique, religieux, poétique, culturel, de science-fiction, absurde et, surtout ne pas l’oublier, grammatical. C’est un peu dans tous ces domaines que nous avons puisé pour ensemencer la créativité des jeunes à raconter par métaphore, par analogie bien visuelle ce que nous tissons comme relation et, même souvent, ce que nous avons comme œuf à peler avec le temps qui passe.

Un chronomètre qui a des états d’âme, une ligne du temps qui aime un cercle et ça a tout l’air d’être partagé, un dieu qui devient psy pour essayer de se comprendre lui-même, un vice dans le processus de production de l’épaisseur du passé-présent-futur à l’usine, une même classe 44 ans après, biologiquement et psychologiquement vôtre, du rififi dans la mafia des temps grammaticaux. Avec tout ceci, faut-il s’attarder plus avant sur mon geste d’écriture programmatique qui sera déjà du passé pour vous, lecteur, qui dans un futur possible parcourrez avec vos yeux cet Emmène-mois. Ceci dit, ce qui est tangible, c’est que l’on pourrait avoir un temps en commun le 28 avril au matin. Quant à nos présents respectifs, ils semblent ne pas avoir de véritable existence et ça, depuis qu’un certain Chrysippe, philosophe grec, du haut de son troisième siècle avant J.-C. nous a dit qu’« aucun temps n’est rigoureusement présent ». Le présent serait-il plus court qu’un court métrage ?