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La Province lance une campagne de lutte contre la radon dans les habitations individuelles

Le radon est un gaz incolore, inodore, qui pourrait passer inaperçu s'il n'était responsable de nombreux cancers. Il est particulièrement présent dans le sous-sol de la Wallonie et sans analyse, personne ne peut être sûr de ne pas être concerné. La Province de Namur lance une vaste opération de dépistage de ce gaz...



Le radon est un gaz incolore, inodore, qui pourrait passer inaperçu s'il n'était responsable de nombreux cancers et notamment d'un grand nombre de cancers du poumon. Il est particulièrement présent dans le sous-sol de la Wallonie et sans analyse, personne ne peut être sûr de ne pas être concerné. Une maison peut être contaminée par ce gaz alors que celle qui est située juste à côté est parfaitement saine, question d'étanchéité du sous-sol, de ventilation des caves, etc. On estime que 5% des habitations wallonnes présentent un taux de radon trop élevé.

Dans le cadre du contrat d'avenir provincial, la Province de Namur a décidé de mettre son savoir-faire au service du dépistage de ce gaz en fournissant aux citoyens, des petits détecteurs, très faciles à manipuler et peu coûteux (30 € la pièce) afin de les rassurer sur l'état de leur habitation ou de les conseiller si l'analyse révélait une présence trop importante de radon dans l'habitation. Souvent, de simples mesures comme une bonne ventilation, suffisent.

La gestion de ce nouveau service à la population a été confiée au SAMI, le service provincial d'analyse des milieux intérieurs, qui fera procéder à l'analyse des résultats engrangés par les détecteurs et étudiera gracieusement avec les personnes concernées, les meilleures solutions à apporter pour éliminer ce gaz.

Le placement de deux détecteurs dans l'habitation - un au sous-sol et l'autre au rez-de-chaussée - pendant une période de deux mois et de préférence en automne ou en hiver (période où la ventilation de l'habitation est moindre) suffit généralement à tirer des conclusions définitives sur l'état de la maison. Dans des cas plus sérieux (mais heureusement très rares), des analyses complémentaires peuvent être recommandées et notamment le placement de détecteurs dans d'autres pièces. Là aussi, le SAMI est là pour informer la population.

Pour tout renseignement 

SAMI, rue Lelièvre, 6 à 5000 Namur. Tél.: 081/77 67 14

Pour commander des détecteurs...

Rien de plus simple : il suffit de verser 30 € fois le nombre de détecteurs souhaité, sur le compte 091-0174873-11 avec, en communication, le nom et l'adresse complète du destinataire. 

 

Pour en savoir plus...


Qu'est-ce que le radon  ?

Le radon est un gaz naturel inerte et radioactif, dépourvu d’odeur, de couleur et de goût. Il provient de la désintégration du radium, lui-même descendant de l’uranium contenu dans la croûte terrestre sur l’entièreté de la planète.

A partir du sol ou de l’eau dans laquelle il peut se trouver, le radon diffuse dans l’air et peut, dans une atmosphère confinée comme celle d’une habitation, s’accumuler et atteindre des concentrations élevées.

Celles-ci varient dès lors en fonction du lieu géographique, des caractéristiques de construction, de la ventilation des bâtiments, des conditions climatiques et de vie des occupants. Ceci explique que l’on trouve des concentrations plus élevées en hiver qu’en été à l’intérieur des bâtiments.

C’est pourquoi les campagnes de dépistage de ce gaz radioactif s’organisent le plus souvent entre l’automne et le printemps.

 

Quels sont les effets sur la santé ?

Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) qui dépend de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a reconnu, depuis 1987, le radon comme agent cancérigène.

Les scientifiques ont cherché à établir si les concentrations en radon observées dans les maisons et d’autres endroits constituaient un danger important pour la santé. Désormais, ces études sont achevées et les analyses groupées des principaux travaux en Europe, en Amérique du Nord et en Chine ont confirmé que le radon dans les habitations joue bien, à l’échelle mondiale, un rôle substantiel dans l’apparition des cancers pulmonaires. Les experts de l'OMS estiment que 6 à 15 % des cancers pulmonaires seraient imputables au radon.
Bien entendu, il convient de rappeler que la première cause de cancer du poumon reste le tabagisme actif et passif qui doit être combattu.

Les études européennes ont, elles, permis d’estimer que le risque de cancer pulmonaire du au radon augmente de 16 % par tranche de 100 Bq/m³ (Bq = Becquerel, l’unité de mesure de la radioactivité --> 1 Bq correspond à la désintégration - la transformation - d’un noyau atomique par seconde. On mesure donc la concentration du radon dans l’air par le nombre de désintégrations par seconde et par m³ d’air).

Il n’existe pas de normes pour le radon, on parle plutôt de recommandations.

Les recommandations européennes sur les teneurs en radon à l’intérieur des bâtiments sont de 400 Bq/m³ pour les anciennes maisons et 200 Bq/m³ pour les constructions récentes. En dessous de ces niveaux, les conseils généraux de ventilation restent bien justifiés.
Entre 400 et 1000 Bq/m³, il est souhaitable d'entreprendre des actions correctives simples et de réaliser un contrôle.
A fortiori, au-dessus de 1000 Bq/m³ , des actions correctives d'envergure s'imposent.


Quels sont les risques en Wallonie ?

Les études réalisées sur le territoire belge indiquent une moyenne nationale de l’ordre de 53 Bq/m³ dans les habitations et, en raison de la nature du sous-sol, le sud du pays est plus touché que le nord (80 Bq/m³ contre 40 Bq/m³).

Le Sud du sillon Sambre-et-Meuse est constitué de roches anciennes, fracturées, parfois riches en uranium. L’Ardenne est sculptée de roches anciennes dures, de grès et de schistes contenant de l’uranium en teneurs élevées, lesquelles n’étant pas couvertes de couches imperméables, laissent se dégager le radon.

Selon l’Agence fédérale de Contrôle nucléaire et la carte réalisée par ses soins en 1998, la Wallonie présente le risque le plus élevé d’exposition et celui-ci s’accroît quand on approche des crêtes ardennaises.


Comment effectuer des mesures ?

Les mesures de concentration du radon seront réalisées à charge des habitants mais nécessitent une rigueur particulière.

La mesure s’effectue généralement à l’aide d’un dosimètre qui va enregistrer les désintégrations des atomes du radon. Cette mesure doit être réalisée sur une période d’environ deux mois dans des pièces de vie les plus fréquentées de l’habitation, situées au niveau le plus bas du bâtiment et dans chaque partie du bâtiment s’il possède plusieurs sortes de soubassements.

Il est aussi important, durant la période de la mesure, de conserver son mode d’occupation des locaux habituel.

Généralement, un minimum de 2 dosimètres est recommandé par habitation.


 


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