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Voeux aux forces vives

C'est sous le chapiteau implanté dans la cour d'honneur du palais provincial que s'est tenue la traditionnelle cérémonie des voeux aux forces vives, le vendredi 20 janvier. Découvrez les allocutions prononcées à cette occasion par le gouverneur, Denis Mathen, la présidente du Conseil provincial, Stéphanie Thoron, et le député-président du Collège provincial, Dominique Notte.


ALLOCUTION PRONONCÉE PAR DENIS MATHEN,
GOUVERNEUR DE LA PROVINCE DE NAMUR

Mesdames, Messieurs,

Peut-être certains d’entre vous ont-ils été intéressés, secoués, déstabilisés voire tout simplement amusés par trois informations récentes, il est vrai trop discrètement coincées entre le scoop de la décennie sur la planète people, la dernière révélation exclusive sur la vie des incubes de la finance internationale ou le prochain oracle redouté des nouveaux prophètes de l’évaluation quantique du crédit de nos Etats.
Pourtant, j’ai la faiblesse de penser qu’avec un minimum d’analyse curieuse, les questionnements que ces trois dépêches insinuent dans nos esprits peuvent, certes à des degrés divers, se muer en troublants ébranleurs de certitudes.
Mais quelles sont donc ces trois informations embrouilleuses de références ?
Au large des côtes du Yémen d’abord, par l’effet de l’agitation tellurique et comme par enchantement tectonique, une nouvelle île vient de surgir des flots, au beau milieu de la Mer Rouge, là où quelques instants auparavant, il n’y avait que vagues et écume, fluidité et transparence cristalline.

A peu près au même moment, à des milliers de kilomètres de là et en plein Océan Pacifique, par simple décision administrative, le temps se hâtait soudainement et le calendrier prenait des libertés avec les aiguilles des cadrans et tous les sabliers du globe en gommant définitivement des tablettes la journée du 30 décembre 2011. Les Samoans se sont en effet endormis un 29 décembre au soir pour se réveiller … un 31 au matin.
Quelques jours plus tard enfin, tombait sur tous les téléscripteurs de l’univers connu, la nouvelle renversante selon laquelle des physiciens américains avaient conçu un système d’invisibilité temporelle capable de soustraire une réalité tangible à notre détection visuelle. Il s’agissait certes, pour l’instant, d’une infime fraction de seconde mais l’événement et la découverte étaient à ce point incroyables que le journal Le Monde n’hésita pas à titrer que la cape d’invisibilité d’Harry Potter n’était plus une utopie fabuleuse mais était devenue une réalité .
Sans doute est-ce la quasi-simultanéité de leur annonce mais, ainsi que je vous le disais, ces trois nouvelles (qui, concédons-le, pourraient, si nous n’y accordions pas plus d’attention, apparaître comme autant d’anecdotes tout juste dignes du sommaire d’une émission scientifique du mercredi après-midi pour physiciens et ingénieurs en herbes). Ces trois nouvelles n’ont pas manqué de me laisser perplexe, suffisamment en tout cas pour en faire l’accroche de mon allocution de vœux de ce soir et les livrer, par cette entremise, à votre réflexion.

Ce faisant, voilà que je vous entraîne dans ma propre prise de conscience de la relativité de l’espace, de la relativité du temps et de la relativité de nos perceptions de la matière.
Mais avant tout et sur un mode plus léger teinté d’humour, convenons au passage qu’à l’aune de cette prise de conscience, le petit retard dans l’envoi des bristols d’invitation à cette sauterie récurrente apparaît futile et ne heurtera vraiment et durablement que les thuriféraires intransigeants du catéchisme protocolaire.

Plus sérieusement, cette prise de conscience de la triple relativité (au moins) des réalités qui semblent nous entourer devrait, en toute logique, amener chacun de nous à aborder naturellement avec plus de détachement, plus de recul, plus de sérénité, les défis et contingences qui nous concernent ou nous concerneront plus ou moins tous, isolément ou globalement, dans les mois qui viennent … que ceux-ci se nomment : réorganisations institutionnelles, élections communales et provinciales, prise en compte de la réalité des bassins, transferts de compétences, confirmation de la dynamique AXUD, évaluation du contrat d’avenir provincial, mise en place des majorités dans nos communes ainsi qu’au cœur de ce vénérable (mais fragile) palais, voire même aboutissement de la réforme de la sécurité civile en province de Namur.
Pour ne pas rompre le charme indéniable de cette petite séance improvisée d’introspection collective, je ne commenterai pas davantage ce soir l’un ou l’autre de ces sujets. J’en réserve les développements et ceux de quelques autres pour la première mercuriale que je prononcerai devant le conseil provincial dans un peu moins d’un mois.
Malheureusement, les cataclysmes et les désaxés se moquent bien des psychanalyses de groupe ; les psychopathes irresponsables n’ont que faire de la métaphysique des philosophes ; les éléments déchaînés se fichent comme de colin tampon des envolées lyriques des poètes.

A ces divers propos, concédons que l’année 2011 marquera les annales … moins que d’autres peut-être ; plus que d’autres sûrement.

Quoi qu’il en soit, elle restera gravée dans nos esprits pour au moins quatre événements funestes, proches ou lointains ; tragiquement semblables, intrinsèquement différents.
A tout seigneur … terrible … tout honneur … déférent.

Quand des îles nouvelles surgissent au milieu des flots de la Mer Rouge, d’autres, aux confins de l’Orient, sont submergées par les raz-de-marée puis exposées aux tourments de l’atome ; d’autres encore, bercées par les mythologies scandinaves, sont, des œuvres maléfiques d’un fanatique galvanisé par la haine aveugle, transformées en rivages sanglants puis en plages épitaphiques pour jeunes idéalistes.

Alors que le temps s’accélère subitement sur la Polynésie, il s’arrête à tout jamais pour des festivaliers enthousiastes aux marches de la Campine et, pour quelques passants innocents, il suspend à jamais sa course au pied du palais des Princes Evêques, au cœur même de la cité que l’on dit ardente.

Nous ne pouvons qu’être interpellés par ce carré malfaisant dont les angles sont faits d’eaux qui déferlent, de grenades qui éclatent, de tourbillons qui broient et de balles qui foudroient.
En tant que gouverneur de province et, à ce titre, au cœur des dispositifs d’urgence, de coordination des disciplines et de planification des procédures d’intervention, si je vous en parle ce soir, quitte à alourdir l’ambiance de ce rendez-vous vespéral, c’est pour que nous ayons une fois encore une pensée appuyée pour toutes les autorités politiques et administratives ainsi que pour tous les services de sécurité, que celle-ci soit civile, policière, sanitaire ou d’une autre nature qui ont eu à gérer ces crises traumatisantes, ici et là-bas.
Je forme le vœu que mon discours de 2013 soit, sinon muet sur ce point, à tout le moins, moins disert car rien de comparable ne sera à mettre au débit du destin cruel durant cette année 2012 … mais avouons-le, sur ce plan l’année ne démarre pas sous les meilleurs auspices.

Ceci nous redit donc l’importance cruciale de profiter pleinement des onze mois qui s’ouvrent pour finaliser chez nous la réforme des services de secours … enfin !


Mesdames et Messieurs,

Quand la terre tremble, que le feu des hommes s’abat, que le vent emporte ou que l’eau engloutit, on se dit que les éléments fondateurs et à la base de l’émergence de la vie peuvent aussi nous traiter de façon bien inamicale … un peu à la manière du paradoxe de l’histoire d’un peuple, tel que le posait Voltaire lorsqu’il faisait observer que le sien était capable tout à la fois de « la Saint-Barthélémy et (des) Contes de La Fontaine ».

Alors ce soir j’ai certes choisi de vous parler de nos Saint-Barthélémy … en flirtant avec l’univers des contes et des légendes. Sans doute pour ajouter l’ambivalence des choses à leur relativité et nous inciter ainsi à nous concentrer d’autant plus et mieux sur les véritables enjeux, sur ce qui est important et sur ce qui en vaut vraiment la peine.
Nous inciter à nous emballer sans attendre et sans a priori quand nous sommes convaincus que le jeu en vaut la chandelle. A tenter de toujours trouver l’éclairage positif qui flatte avant le détail qui discrédite. A privilégier l’approche positive qui titille les émotions au dénigrement réactionnaire qui émascule la créativité.

Pour ma part, je continue de préférer celui qui s’émeut à celui qui s’indigne ; le verbe flamboyant et l’argument qui fait mouche aux flèches acérées du polémiste impitoyable ; la difficulté de comprendre à la facilité de s’étonner ; les esquisses hésitantes de l’architecte apprenti aux tirs de précision de l’artilleur chevronné.

En outre, je n’ai jamais rencontré un vif plaisir dans les autodafés d’icônes, spécialement médiatiques ; je n’ai jamais ressenti une satisfaction froide à salir sans raison et par seul effet de mode ce qui me fascinait l’instant d’avant ; je trouve qu’il y a du pathétisme à jeter en bas de leur socle les idoles, de chair et d’os que nous enviions encore secrètement le matin même de leur défénestration.

Et puis zut, j’assume d’être le cas échéant taxé de naïveté. Mais quelle meilleure occasion pour l’être que la présentation de ses propres vœux ? Et puis je vous l’ai dit, tout est relatif, tout est ambivalent et la fatalité aveugle peut venir tout balayer, tout d’un coup.
Alors osons sans attendre! Osons pour nous-mêmes, pour notre famille, pour nos amis, pour notre province, pour notre région, pour la société, pour notre pays ! Osons pour l’humanité !

L’audace devrait bien valoir tous les plans mono-consonne que l’on peut envisager.
Ayant été à la base de notre démarche AXUD, cette audace doit aussi rester son leitmotiv pour l’avenir car seules notre capacité à continuer d’oser et notre volonté de garder confiance en nos atouts permettront, ainsi que le soulignait récemment l’éditorialiste du magazine Trends – Tendances, un jour peut-être, et avec recul, de considérer les années de crise que nous traversons plus « mirabilis qu’horribilis » , plus miraculeuses qu’horribles. Et même si j’en doute , cela me permets cependant de proclamer ici sans état d’âme, la primauté, à mes yeux, de l’audacieux imparfait sur le contemplatif exemplaire .


Mesdames et Messieurs,
Chers Amies, Chers Amis,

Il était une époque où l’on pensait qu’en matière de vin, c’était le passage des comètes qui décidait des grands millésimes . Est-ce dû aux prédictions eschatologiques du calendrier Maya, avec leurs augures de remise en cause absolue, ultime et prochaine de notre monde (qui intriguent jusqu’aux plus rationnels d’entre nous) mais de nos jours, quand bien même l’année serait décrétée celle des « saveurs wallonnes », on associe plus volontiers le passage de ces astres à la survenance de calamités et d’épreuves plutôt qu’à vendanges abondantes ou qualité des breuvages.

Finalement, tout n’est-il pas qu’une question de prédisposition d’esprit à l’optimisme ?

Mes vœux pour 2012, s’adressent donc à tous les Robinson qui se sentent abandonnés sur des îles perdues ainsi qu’à tous les voyageurs du temps, que l’on dit imprudents car ils s’y égarent souvent ; ces Robinson et ces voyageurs du temps que la crise a privé de repères ; ces Robinson et ces voyageurs du temps dans lesquels nous nous reconnaissons parfois dans les moments d’accablement.

Guettons les opportunités des bâtiments solides qui croisent au large de nos côtes ; inscrivons-nous dans les dynamiques qui nous élèvent ; profitons de l’aspiration des courants qui nous transportent et entamons ainsi … de nouveaux départs, vers de nouveaux horizons … en n’oubliant jamais que l’on sait maintenant, qu’avec ou sans cape d’invisibilité, c’est Harry Potter qui a vaincu Voldemort !

Très bonne année à toutes et à tous !


ALLOCUTION PRONONCÉE PAR STÉPHANIE THORON,
PRÉSIDENTE DU CONSEIL PROVINCIAL DE NAMUR

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
Chers amis de la Province,


Je suis très heureuse de vous accueillir, avec Monsieur le Gouverneur ainsi que le Collège provincial, pour notre traditionnelle réception des vœux et je vous souhaite la bienvenue à toutes et à tous.


Je tiens à associer tous les membres du Conseil provincial pour vous souhaiter à vous ainsi qu’à vos familles et à tous ceux que vous aimez, une merveilleuse année 2012.
Qu’elle soit remplie de grands et petits bonheurs, qu’elle pétille de joies et de rires, qu’elle vous apporte tout ce que vous désirez et surtout la plus grande des richesses, une excellente santé !

Dans neuf mois, le temps d’une grossesse politique, ou si vous préférez dans 268 jours, se dérouleront les élections provinciales et communales. Ce sera une échéance importante. Le moment venu, la population fera son choix et le nouveau visage du Conseil provincial sera connu. En raison de la réforme, nous passerons donc de 56 conseillers à 37.

Pour les amateurs de chiffres et de statistiques, je tenais à vous informer que la première séance du Conseil provincial de cette année qui se tiendra le 27 janvier prochain, sera la 770e séance depuis la première réunion de cette instance le 27 décembre 1944.

Cette année 2011 fut particulièrement dense au niveau du Conseil provincial. Nous avons, en effet, traité 191 affaires en 12 séances. Preuve que 2011 était une année dite de transition, 105 affaires ont reçu l’unanimité des votes des membres du Conseil provincial !
Je prends le pari que ce chiffre sera bien moindre pour 2012…

Parmi les dossiers qui auront marqué les esprits en 2011, je tiens particulièrement à saluer le travail du Collège provincial dans le cadre du projet de fusion entre l’Institut Roger Lazaron et la Province de Namur.

Le Conseil provincial a également donné le feu vert à la gratuité le premier dimanche de chaque mois dans les musées provinciaux mais aussi dans les salles provinciales d’expositions culturelles permanentes et temporaires.

C’est une excellente nouvelle, en particulier, pour le Conseiller qui a porté ce dossier durant trois ans…comme quoi, mon cher Michel, comme l’a dit Vauvenargues, « La patience est l'art d'espérer ».

Je me réjouis également que la Province de Namur ait accepté d’accroître sa participation au réseau Bébé Bus, ce qui permettra, d’ici 2015, de mettre en place 10 structures supplémentaires, créant ainsi quelques 35 emplois et touchant près de 900 familles chaque mois.

Notre Conseil provincial ne se limite toutefois pas à voter les textes qui lui sont soumis, pour la plupart, par le Collège provincial.

A titre d’exemple, dans le cadre de la thématique des « Territoires de Mémoire », les 6 Commissions du Conseil provincial se sont rendues à Couvin en octobre dernier pour visiter le site historique de Brûly-de-Pesche.

A la fin du mois de février, nous organisons des journées consacrées à la citoyenneté et à la sécurité routière, en collaboration avec Monsieur le Gouverneur et le Collège provincial.

Ces journées s’adressent aux Elèves de l’Enseignement provincial. Nous voulons à la fois intéresser les jeunes à la politique en leur faisant connaître les instances décisionnelles provinciales et mener des actions de sensibilisation à la sécurité routière.

Cette année 2012 s’annonce palpitante…et je m’en réjouis !

Je vous adresse chaleureusement et sincèrement des vœux de bonheur. Que chacun d’entre-vous puisse éprouver des moments de passion professionnelle, mais aussi toutes ces joies personnelles qui donnent à la vie tout son sens.

Avec estime et affection, je souhaite à chacune et à chacun d’entre vous une très bonne année 2012.


ALLOCUTION DU DÉPUTÉ-PRÉSIDENT DU COLLÈGE PROVINCIAL,
Dr DOMINIQUE NOTTE

Au nom du collège provincial et de moi-même , permettez-moi de vous adresser à tous mes meilleurs voeux de bonheur , de santé , de prospérité , de succès.

A tous ceux qui étaient présents lors de la cérémonie des vœux au personnel provincial, je souhaite d’emblée dire que je ne suis pas amnésique. En effet, mon discours de ce jour paraîtra sur bien des points semblable à celui prononcé hier. Ceci s’inscrit résolument dans une vision cohérente qui associe le personnel provincial et les forces vives à la réussite de nos projets. Toutes et tous en nos titres et qualités, nous souhaitons porter les ambitions de notre belle Province.

Que vos amours soient belles. Que vos rêves soient ambitieux, que vos entreprises soient couronnées de succès ...Que nos enfants grandissent dans la paix et l’harmonie, et qu’ils aillent vers l’avenir confiants, en conquérants et en vainqueurs.

Vous l’aurez compris tout de suite , je ne m’inscrirai pas dans la morosité , je ne vêtirai pas le costume de deuil dont certains, chaque matin , recouvrent nos espérances .
Je veux en tant que médecin , en tant que politique , en tant que père , inscrire ces vœux que je vous présente dans une perspective résolument positive.

La surinformation que nous vivons aujourd’hui nous met dans un sentiment d’hyper connaissance qui nous amène si nous n’y prenons garde à ne plus penser qu’aux cataclysmes qui nous guettent à considérer « un crime » comme un "climat général d’insécurité" , et chaque mouvement de la bourse comme un nouveau krach de 1929 !
Pourtant, je prends ici le pari avec vous que nous ne périrons pas le 21 décembre prochain, ni par la faute d’un quelconque calendrier ésotérique, ni par la faute de quelque chauffard maya qui nous coupera la priorité au feu....ou alors-vous l’avouerez avec moi- il faudrait vraiment que les statistiques nous soient très défavorables .

Dans son dernier livre paru "Le Fanatisme de l’Apocalypse", le philosophe Pascal Bruckner pourfend les Cassandre qui nous annoncent chaque jour la montée des eaux pour le week-end prochain, l’arrêt de la pollinisation par les abeilles et la flambée du prix du bouquet de la mariée.

Même en tant que médecin, je dois certains jours pour garder le moral , retourner aux chiffres de l’organisation mondiale de la santé pour me re-persuader, qu’à l’inverse de ce que nous disent les prédicateurs millénaristes , malgré le gaz à effet de serre, malgré ce biophénol , malgré la surconsommation d’alcool ,la saturation de graisses , malgré le mauvais usage que l’homme fait de tout ce qu’on met à sa portée et qu’il puisse tout aussitôt boire , fumer ou sniffer sans modération , nous vivrons quasi tous centenaires , relativisant ainsi de facto , la portée des propos de ceux- qui à chaque JT- , croient indispensable de nous rappeler - comme s’il s’agissait d’un scoop - que nous devrons un jour mourir.

Parce que si nous regardons derrière nous , 2011 n’aura pas laissé que des mauvais souvenirs.
En Tunisie, en Egypte , au Yemen , en Libye ...les peuples ont mis les tyrans dehors ... Un processus de changement s’est engagé dans ces pays qui depuis l’aube de l’humanité n’avaient jamais connu la démocratie .

Et j’incline à penser que ce mouvement d’emballement est “irréversible” ...parce que la blogosphère ,parce qu’ internet et la parabole ont amené la connaissance , la conscience pour ces peuples avides de liberté, qu’une “autre” vie est possible et rien ne pourra plus désormais être comme avant .

Ceux qui ont regretté depuis la fin janvier que la Tunisie ne soit pas déjà aujourd’hui installée dans un parlementarisme à l’occidentale seront bien avisés de retourner à leur cours d’histoire et se souvenir qu’il fallut après la chute de la bastille en 1789 : dix ans de terreur, quinze ans de dictature de Napoléon, la révolution de 48, le coup d’état de Napoléon Trois, la “Commune de Paris et deux guerres mondiales avant que les femmes ne puissent voter en France en 1948 enfin, soit 150 ans après ce qu’il est généralement convenu d’appeler la “naissance de la démocratie” .

A propos, et puisqu’on parle d’émancipation féminine, 2011 restera un bon cru puisqu’ un homme à qui on promettait la France en sera privé pour penchants machos et que même en Italie, où la “séduction” est une vertu patriotique, le premier des citoyens a dû prendre congé de son peuple pour avoir trop fait le plein des sens.

Non ce n’est pas la méthode “Coué”, je n’essaie pas de me rassurer mais simplement d’analyser les chiffres et de me dire que si je me borne à écouter les JT, je n’entendrai toujours parler que des emplois qui disparaissent et jamais de ceux qui se créent...et la réalité est pourtant bien là puisque la Wallonie ne compte aujourd’hui pas plus de chômeurs qu’il y a dix ans.

Lavoisier s’applique désormais à la politique de l’emploi, puisque rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme.

Nous avons eu un gouvernement, les Provinces ont survécu à l’accord. Je ne sais pas le temps qu’elle vivront encore...et qu’importe d’ailleurs puisque la longévité n’est pas un but en soi ... c’est ce que l’on fait de sa vie qui compte.
Et justement parlons un peu, juste un rien, modestement, en y touchant à peine de notre vie conjugale pardon je voulais dire provinciale ....
Va-t-elle si mal ? Sommes-nous vraiment ce “maillon faible” que l’on nous prétend des institutions belges ? Est-ce bien vrai ce que l’on nous dit que nous existerions moins dans la pensée d’un Couvinois ou d’un Philippevillain que la Fédération Wallonie Bruxelles ou la Région Wallonne ?

Sous l’impulsion d’un jeune greffier, du fait de la direction générale qui le seconde , par le travail de ses directeurs ,avec aujourd’hui la complicité responsable de chacun de ses agents, la Province travaille depuis trois ans à l’évaluation des besoins de sa population pour mettre en phase des objectifs et des moyens.
Nous avons appelé cette démarche CAP pour Contrat d’Avenir Provincial.
Un CAP ! Que dis-je ? C’est une péninsule!
C’est une démarche qu’avant la Province de Namur aucun autre niveau de pouvoir n’avait eu la volonté ni le courage de mettre en place, et je l’affirme ici, ceux qui nous donnent des leçons de bonne gouvernance, ceux qui , s’ils en avaient les dents, auraient bien l’appétit de nous dépecer, seraient bien avisés eux, de gouverner hors l’urgence, hors la fébrilité et le besoin d’hégémonie qui en est le corollaire naturel.

OUI ,notre institution va bien. Oui. Elle se réforme. Elle délaisse les missions que l’histoire a rendues obsolètes et sans objet pour se lancer des défis nouveaux dans les domaines de la santé, de la culture, du tourisme, de l’éducation....


...et s’il faut encore à l’usage de certains utiliser une image pour être très clairement compris , je dirai qu’à la Province de Namur, on ne se lamente pas sur les chiffres du chômage, mais on crée dans nos écoles, dans nos filières de formation les cursus qui garantiront le développement harmonieux de la nouvelle société à venir.

C’est un exemple dont feraient bien de s’inspirer ceux qui sont chargés d’enseignement professionnel quand partout en Wallonie, les entreprises pleurent après des maçons, des plombiers, des électriciens, des bouchers...
Notre école hôtelière, elle, peut montrer comment on crée de la main d’œuvre qualifiée et directement intégrable.

La situation financière de la Province est saine, son patrimoine est bien entretenu, ses fonctionnaires sont jeunes, choisis sur des profils de compétence, réactifs et en phase avec les problèmes de société ..notre fonds de pension est confortablement approvisionné et autorise chacun d’entre nous à appréhender l’avenir sans crainte, la prime de fin d’année a encore été évaluée… oui la Province de Namur aura un rôle à jouer dans la Belgique de demain quel que soit le schéma institutionnel que d’aucuns voudront lui donner.
Non, rien ne nous pousse à verser dans la sinistrose, mais tout au contraire, nous engage à croire que demain sera encore meilleur .

De toute façon, laissez-moi vous faire partager ma conviction que le bonheur n’est pas un “état”. C’est une volonté ! Ce n’est pas une “béatitude” prostrée, c’est un challenge, c’est un pari, un contrat au minimum à deux et dans l’idéal un projet, à porter tous ensemble .
Cette année , Selah Sue , Adèle , Spielberg qui a réalisé deux films ou encore François Cluzet et Omar Sy avec le succès d’ Intouchables sont venus rappeler que les idoles sont faites pour être détrônées et que le ciel n’a pas de limites.. pour qui a décidé de voler.
Région, Provinces, Communes, institutions, particuliers, nous avons chacun notre part à prendre d’un projet de société, à réinventer qui fera de la Province de Namur, de la Wallonie, une terre d’avenir. Que nous manquerait-il ? Des universités qui accouchent de start-up ? Non ! Le dynamisme et la créativité de notre jeunesse ? Certainement pas ! Un Environnement qualitatif ? La Vallée de la Meuse était pour Byron et Lamartine un des paysages les plus romantique d’Europe. Retroussons-nous les manches et travaillons ensemble… le peuple n’a que faire des concurrences institutionnelles stériles.

À ceux qui nous prédisent le cataclysme, la disparition des ours blancs, l’inondation de la Flandre, la mutation du chou fleur je rappellerai que la veille de l’effondrement du mur de Berlin, le secrétaire d’Etat américain à la défense en appelait au déploiement d’une force de chars pour faire face à l’imminente menace soviétique.

Le monde, le grand et aussi notre petit monde d’Eghezée à Vresse, de Cerfontaine à Gembloux aura le dynamisme que nous lui donnerons ...si nous préférons “faire de la musique” nous-mêmes plutôt que de regarder The Voice, et si nous préparons un repas nous-mêmes plutôt que de regarder Master Chef en mangeant des chips.

Et si d’aventure, le 21 décembre 2012, vous vous apprêtez à traverser la rue. Si d’aventure, la voiture qui s’approche de vous est chilienne, péruvienne, si elle est immatriculée en Equateur , méfiez-vous , tous ces gens-là sont des mayas.

Bonne année 2012.