|
Salle de Lecture et de Documentation
Dominique Noël
Avenue Golenvaux, 14
5000 Namur
Tél : 081 77 67 73
Fax : 081 77 69 60
Courriel: dominique.noel@province.namur.be
|
 |
NOUVEAUTES
Cet été, l’équipe de la Salle de lecture s’intéresse à la littérature érotique. En effet, nous proposons aux bibliothécaires une formation sur la façon d’exploiter ce genre d’ouvrages en bibliothèque. En avant-goût, nous vous proposons de feuilleter la précieuse petite collection Carnets érotiques, parue aux Éditions du Chêne.
Ces jolis livres-objets prennent la forme d’un carnet de dessin délicatement orné d’un ruban de coton et vous permettent de découvrir les oeuvres les plus intimes de grands plasticiens.
Les textes d’accompagnement sont tous signés Norbert Wolf, célèbre historien de l’art et écrivain allemand. Huit volumes sont à ce jour parus, qui vous feront prendre conscience de la particularité du regard d’un artiste face au nu.
Pour Salvador Dali, l’érotisme est violent, sexuel et brutal, il est inspiré par des fantasmes. Reflets d’une libido inhibée et torturée, ils transpirent la peur de l’artiste vis-à-vis de la sexualité de la femme. Au-delà de ses obsessions érotiques, le trait de Dali impose une technique exceptionnellement belle.

L’érotisme d’Edgar Degas est tout autre. Il observe des prostituées, des lavandières, des
chanteuses de café-concert. Le dessinateur les expose dans l’intimité d’une pièce étroite.
Les courbes de leur corps apparaissent sous la lumière crue de la vie quotidienne. Les dessins s’articulent autour du thème du bain, d’une toilette après un amour marchandé.

Ambiance très différente chez Gustav Klimt : sans la luxuriance des couleurs de ses tableaux, ses croquis érotiques, pour la plupart réalisés à la mine de plomb et au fusain, révèlent les formes, les volumes du corps féminin. Klimt aime les femmes et son crayon caresse, exhale le galbe de leurs fesses, de leurs hanches, de leurs seins. Toutes ces femmes sont belles parce que transposées par la passion sensuelle de l’oeil du peintre, qui, à travers l’érotisme, cherchait à atteindre l’essence de l’être humain.

Quant à Henri Matisse, certes ses dessins sont moins directs, moins « frontaux » que ceux des autres artistes de la collection. Mais ses nus épurés livrent leur sensualité dans une perception intime, dénuée de toute intention pornographique. L’expression ne passe pas ici par une transcription du désir ou de la sexualité, mais tend à sublimer les corps.

En ce qui concerne Amedeo Modigliani, le portrait et le nu féminin furent, dès ses premières oeuvres, ses thèmes de prédilection, dans lesquels s’épanouit le style extrêmement personnel qu’il a élaboré, caractérisé par des formes très allongées. Dans ses nus à l’érotisme subtil, véritable hymne à la beauté du corps féminin, nous pouvons admirer toute la puissance expressive de la ligne, toute la chaleur sensuelle qui en émane.

Pablo Picasso, lui, explore l’érotisme : saphisme, onanisme, sensualité amoureuse ou monnayée, sexualité mythique ou fantasmée. La femme est au coeur de l’inspiration de l’artiste et de ses interrogations : mystère de son corps, du désir qu’elle fait naître et des pulsions qu’elle génère, de la tendresse à la violence. C’est peut-être dans cette recherche que l’artiste se dévoile le plus.

Dans les dessins d’Auguste Rodin, nous discernons des poses lascives où le vulnérable se mêle au
torride, flirtant parfois avec la frontière de l’indicible. Dans un travail de la ligne ou suggérés par le flou de taches aquarellées, des corps de femmes dénudés et offerts se révèlent. Ces travaux des dernières années de l’artiste témoignent d’une sensualité à fleur de peau et d’un désir charnel intense.
Vient enfin, Egon Schiele, peintre et dessinateur au dessin très net, au trait marqué, énergique et sûr, parfois même violent. Sa connaissance du corps humain lui permet de le dessiner dans la logique de ses mouvements et postures. Au cours de ses incursions dans les royaumes du corps et de l’érotisme, Schiele ne se contenta pas d’explorer le monde féminin. Il s’intéressa aux hommes comme aux femmes, à la laideur comme à la beauté et à l’effroi qui se cache derrière le désir sexuel.

Cet ouvrage est la dernière étape de notre parcours des Carnets érotiques. Nous serons attentifs aux prochaines escales qui vous permettront de voyager à travers d’autres univers de créateurs, tous différents, tous passionnants.