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Début
07
Jui
2018
 
Fin
11
Nov
2018
 
Lieu
Namur - Fort d'Emines

Rue du Fort d'Emines
5003 Saint-Marc
Contact
Jean-Michel François
081 775 525

Culture

Emines - 18 : occupation artistique d'un fort - Renato Nicolodi - Juan Paparella - Georges Rousse

Du 7 juillet au 11 novembre 2018, dans le contexte de l'exposition Emines-18 occupation artistique d'un fort, les oeuvres de Renato Nicolodi, Juan Paparella et Georges Rousse ainsi que diverses activités  sont accessible au Fort d'Emines, rue du Fort, à 5003 Saint-Marc.
Vernissage : 6 juillet à 18 heures 30

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Vidéo Emines-18 occupation artistique d'un fort


Cet été, l’art contemporain et l’architecture militaire questionneront la mémoire, la fragilité et l’instabilité du monde au Fort d’Emines. Le visiteur immergé dans un lieu quasiment intact depuis 1914 peut y découvrir les propositions artistiques de trois artistes contemporains : Renato Nicolodi (sculptures), Juan Paparella (dessins, photographies) et Georges Rousse (anamorphoses). Leurs œuvres interrogent le site tant sur son architecture que sur  son histoire.

Construit entre 1888 et 1892 par le général Brialmont, le fort d’Emines est l’un des mieux conservés des neufs forts qui constituent la position fortifiée de Namur. Décor cinématographique s’il en est, aujourd’hui enfoui dans la végétation, il n’a rien perdu de sa force d’évocation. Généralement inaccessible au public, il ouvre exceptionnellement sa lourde porte aux travaux des artistes et aux visiteurs. Une proposition à la frontière de deux mondes, initiée par les services de la culture et du patrimoine culturel de la Province de Namur.

L’invitation de trois artistes à investir in situ l’architecture militaire du Fort d’Emines a pour objectif de faire dialoguer ce lieu de mémoire avec des formes d’art les plus actuelles. Ce projet artistique d’envergure dans un lieu inhabituel intervient dans le cadre de la fin des commémorations de 14-18 et de la saison Transhumance II du service de la Culture de la Province de Namur durant la rénovation de la Maison de la culture.

Conçue autour d’un travail d’intégration d’œuvres des trois artistes contemporains Georges Rousse, Renato Nicolodi et Juan Paparella, l’exposition a pour fil conducteur la question de la mémoire individuelle et son lien avec la mémoire collective du traumatisme de la guerre 14-18 dont Emines est un héritage patrimonial. Les trois artistes ont en effet conçu des intégrations qui abordent directement ou indirectement les traces laissées par cette mémoire et leur effacement partiel.

RENATO NICOLODI
Les œuvres de Renato Nicolodi disséminées au sein de l’allée principale trouveront un écho particulier dans l’architecture du Fort d’Emines. La dimension architecturale, élément central de son travail,  évoque des constructions incertaines entre le monument funéraire et l’architecture militaire.

« Je vois l’architecture comme un outil. Si j’étais moi-même architecte, je n’aurais pas la même liberté dans le travail que je fais. » Si l’architecture joue un rôle central dans son travail de sculpteur, c’est en tant que structure vidée de toute fonctionnalité, transformée en un pur langage formel et visuel. L’artiste lui-même se réfère à des formes archétypales qui évoquent pour beaucoup celles glorifiées par les nazis et les fascistes sous Hitler et Mussolini : elles sont avant tout l’expression symbolique du pouvoir, quelle que soit la culture ou l’époque.

A Emines, Renato Nicolodi a privilégié l’extérieur du site pour installer ses œuvres. Ici, la nature joue avec l’architecture et reprend peu à peu ses droits dans un décor inchangé depuis un siècle. Positionnée face à un des murs en béton criblé d’impacts, Speculatio se présente comme un cercueil vertical en pierre bleue de plusieurs tonnes. L’artiste invite le public à y entrer par un escalier et une porte en métal. Une expérience claustrophobique qui se transforme lorsque le spectateur découvre une meurtrière lui permettant de regarder au-dehors. « On est là dans un espace qui offre une perspective rapprochée sur le mur du fort, comme une lunette donnée pour regarder l’environnement d’une certaine façon, sous un angle précis, à l’échelle de l’individu » évoque l’artiste.1

Ses sculptures énigmatiques évoquent son histoire personnelle et  la mythologie familiale qui s’est construite autour de la participation de son grand-père à la Seconde Guerre, côté italien. Soldat dans l’armée de Mussolini, capturé par les Allemands, il  sera  fait prisonnier dans plusieurs camps avant de réussir à s’échapper en Belgique et entrer dans la résistance.
 « Il me racontait comment était son espace de détention en décrivant ce qu’il voyait – un morceau de mur, une brique qui dépasse. Je pouvais m’approprier les bunkers car je les connaissais grâce aux histoires de mon grand-père. »2
 
Né en 1980 à Bruxelles, Renato Nicolodi se forme à l’Ecole Saint-Luc de Bruxelles puis à la Haute école des Beaux-Arts de Gand (HISK), il travaille principalement la sculpture mais aussi la photographie et la peinture. La mémoire reste l’un de ses thèmes de prédilection qu’il revisite à travers le prisme du souvenir. 

1 et 2 Extrait du catalogue de l’exposition , Renato Nicolodi : une poétique de l’absence,  Aliénor Debrocq, Ed. Stichting Kunstboek, 2018.

JUAN PAPARELLA
 
Son oeuvre multiple (de la photographie au dessin), parle de notre complexité humaine, de l’instabilité du monde et de la fragilité de la vie. Dans son travail, on trouve un attachement particulier pour le lieu.
L’intervention artistique pensée pour Emines redessine les « Contours imperceptibles de la mémoire » en fonction de  l’architecture militaire.
 
Paparella a compris qu’Emines est moins la mémoire du passé qu’un passé en souffrance. Ce que le vieux fort offre aux regards c’est un vestige oublié de l’histoire, un lieu désormais habité seulement par des fantômes. Par les œuvres qu’il dissémine dans l’ancienne fortification, Paparella nous fait vivre l’expérience d’éprouver son « être amoindri ». La ruine est la métaphore de la déliquescence des choses. Elle impose une autre vision du réel et intègre une expérience de la perte qui vaccine contre la rassurance.
Son art est la déploration poétique de ce qui échappe au pouvoir de l’homme, il oppose à l’arrogance de la perfection, la beauté du faillible.

Faut-il marcher sur les mots pour soigner les maux ? Voilà que Juan Paparella pave Emines d’intentions mémorielles. Avec lui, la poétique du verbe se voit foulée aux pieds. Des textes écrits à l’encre noire jonchent le sol d’un couloir, marcher dessus revient à les effacer « pas à pas ». Nos semelles humides nimbent d’un brouillard d’encre le récit d’Albert Michaux, brigadier d’artillerie en service au fort d'Emines en 1914. Ainsi, c’est par la voie de l’effacement que le journal intime d’un soldat s’ouvre à plus de mémoires…
C’est une poétique de l’effacement qui magnifie le paradoxe de la mémoire. Plus nous désirons lire les mots qui s’offrent à nos pieds, plus nos pas se chargent de les faire disparaître. 1
 
Né en 1965 à Buenos Aires, Juan Paparella est diplômé en 1989 de l’Académie des Beaux-Arts Prilidiano Pueyrredon de Buenos Aires. Formation qu’il enrichit auprès de plusieurs artistes dont Julian Schnabel et Horacio Coll et complète, entre autres, d’un doctorat en sculpture à l’Université de Salamanca en Espagne. Il vit en Belgique depuis 1991. Artiste plasticien pluridisciplinaire, il développe à travers son travail une série de questionnements philosophiques liés à la nature humaine et à son environnement.

1 Extrait du catalogue de l’exposition , Juan Paparella  La mémoire du papillon, Olivier Duquenne, Ed. Stichting Kunstboek, 2018.

GEORGES ROUSSE

A Emines, Georges Rousse investit pas moins de 3 espaces pour mettre en place des anamorphoses1qui convoquent mémoire du lieu et souvenirs personnels.
 
 « Moi qui ai horreur des armes et de la guerre, je voulais construire une histoire qui me permettrait d’habiter ce lieu.
Après une première journée dans le fort, examinant mes photographies de repérage, j’ai considéré que deux espaces se prêtaient à une création, notamment une salle au potentiel impressionnant, où des tiges métalliques agressives sortent du plafond comme autant d’épées de Damoclès. Le spectateur que j’étais devenait soudain l’occupant du lieu… Il y aurait dans ce projet un aspect de commémoration. Pour être artilleur, il faut être bon en mathématiques pour calculer les portées, les courbes de tir… Mon lien avec le lieu serait la géométrie. Je me suis aussitôt mis à dessiner des formes simples, un carré, un cercle, un triangle, monochromes noirs traversant l’espace dans toute sa largeur, en relation avec la forte charge graphique et émotionnelle du lieu. Stalactites calcaires descendant de la voute, nappes d’eau sur le sol, obscurité totale… Pas de fenêtres, pas de lumière du jour, des formes noires symbolisant cette absence de clarté. Un cercueil.

Le récit du Brigadier Michaux, son vécu dans le fort, en 1914 a également inspiré Georges Rousse. Pour lui, ces carnets pouvaient être assimilés aux graffiti absents des murs… Il a dès lors photographié des soldats de plomb de l’armée belge de 14-18 pour en découvrir les profils possibles. Leur silhouette contiendrait le récit d’Albert Michaux. Leur forme écrite apparaitrait comme une ombre sur les murs du boyau qui mène au « poste de tir du plus gros canon »....2

Georges Rousse est né en 1947 à Paris où il vit et travaille. Depuis le Noël de ses 9 ans où il reçut en cadeau le mythique Brownie Flash de Kodak, l'appareil photo ne l'a plus quitté. Alors qu'il est étudiant en médecine à Nice, il décide d'apprendre chez un professionnel les techniques de prise de vue et de tirage puis de créer son propre studio de photographie d'architecture. Mais bientôt sa passion le pousse à se consacrer entièrement à une pratique artistique de ce médium sur la trace des grands maîtres américains, Steichen, Stieglitz ou Ansel Adams. C'est avec la découverte du Land Art et du Carré noir sur fond blanc de Malevitch que Georges Rousse choisit d'intervenir dans le champ photographique établissant une relation inédite de la peinture à l'espace. Il investit alors des lieux abandonnés qu'il affectionne depuis toujours pour les transformer en espace pictural et y construire une œuvre éphémère, unique, que seule la photographie restitue

1 Peinture, dessin qui déforme volontairement l’objet représenté et dont l’apparence initiale ne peut être retrouvée qu’en observant l’œuvre d’un certain angle ou en ayant recours à un miroir courbe.
2 Extrait du catalogue de l’exposition , Georges Rousse, « sculpteur d’espace », Georges Vercheval, Ed. Stichting Kunstboek, 2018.

INFORMATIONS PRATIQUES :

Visite individuelle de l’exposition :  du 7 juillet au 11 novembre 2018, tous les dimanches. Départ de la visite toutes les 30 minutes, entre 13 heures 30 et 17 heures (en semaine sur réservation pour groupe de 10 personnes minimum).
Visite spéciale famille à 15 heures
Prix des visites :    Adultes : 5 € - Etudiants : 3 € - Gratuit pour les moins de 7 ans ( Groupes minimum 15 personnes 3 € - Scolaires : 3 €)
Transports : liaison ligne 822 direction Eghezée ; arrêt Emines Sacré Cœur ou St Marc chemin de Vedrin + parcours à pied
Evénements et activités annexes : www.emines-18.be         
Catalogue Ed. Stichting Kunstboek. Textes d’Aliénor Debrocq, Olivier Duquenne, Hadja Lahbib, Axel Tixhon, Georges Vercheval. Prix 20 €
 
Informations sur les visites du Fort et réservations :
Mélodie Brassinne
081/77.54.47- 0470/252.865 

Illustration du haut de la page : Georges Rousse, NAMUR 2018  © G. Rousse
 
« Lors de ma visite, les organisateurs du projet cherchant à marquer plus fortement l’entrée du fort, j’ai pensé à un « objet » en forme de cercle. Anamorphosé et vu du haut du chemin, il se présenterait comme un d’anneau épousant l’arrondi du couloir d’entrée. En même temps, il symboliserait le point de mire tout autant que le viseur ou la cible… Une sorte de sculpture interférant avec l’entrée du fort."

Georges Rousse, NAMUR 2018, © G. Rousse
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Georges Rousse, NAMUR 2018 (projet) © G. Rousse
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Renato Nicolodi - SCRINIUM I, 2015 149 x 153 x 249 cm Pierre bleue & laiton Courtesy Axel Vervoordt Gallery © Vincent Everarts
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Renato Nicolodi - SPECULATIO I, 2016 180 x 180 x 340 cm Pierre bleue & acier inoxydable Courtesy Axel Vervoordt Gallery © Vincent Everarts
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Renato Nicolodi - OMNIUM MEMORIA, 2016 Laiton, 220 x 18 x 18 cm Courtesy Axel Vervoordt Gallery © Vincent Everarts
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Juan Paparella Sans titre, 2018 Encre et papier 200 x 110 cm © Vincent Everarts
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Juan Paparella Sans titre, 2018 Encre et papier 200 x 110 cm © Vincent Everarts
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Juan Paparella Sans titre, 2018 Photographie, papillon, métal et bois. 100 x 50 x 35 cm © Vincent Everarts
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