L’eau et tout le patrimoine auquel elle a donné naissance au fil du temps sont au cœur d’une exposition concoctée par la cellule patrimoine culturel de la Province de Namur. Une exposition itinérante qui, à chaque halte, revêt des couleurs locales. Histoires d’eau, puisque c’est le nom qui lui a été donné, en toute simplicité, se visite à la maison de village de Meux (rue du Village 2) jusqu’au 29 mars. Et si elle vient de refermer ses portes à Anhée, elle a laissé dans son sillage un dernier petit cadeau, une chouette activité. Deux balades nature sont organisées le 28 mars (de 10 à 12 heures et de 13h30 à 15h30) , en collaboration avec le contrat de Rivière Haute-Meuse (réservation obligatoire : 0479 209 535).
Avec Histoires d’eau, la Province de Namur a initié un important travail de valorisation d’un patrimoine aussi discret qu’essentiel : les traces laissées par l’eau sur son territoire. Fontaines, lavoirs, pompes, villas, châteaux d’eau, bornes et réseaux de distribution – vestiges de l’hygiénisme du XIXᵉ siècle – ou encore ouvrages liés à l’énergie hydraulique, comme les moulins : autant d’indices matériels qui racontent comment l’eau a façonné l’histoire locale.
C’est précisément ce que met en lumière l’exposition itinérante. «En gros, Histoires d’eau retrace l’impact de l’eau sur le territoire provincial au niveau patrimonial. Donc les traces laissées par cette gestion de l’eau au fil du temps », résume Mélodie Brassinne, responsable de la cellule du patrimoine culturel de la Province de Namur. « C’est assez large et cela concerne tout le territoire provincial. On essaye toujours qu’il en soit ainsi pour chaque exposition thématique que nous développons. »
À chaque commune, son histoire d’eau
Large, l’exposition l’est en effet, tant par son contenu que par son parcours. Depuis son lancement, en 2023, elle a déjà fait halte dans les communes de Sombreffe, Doische, Spontin et Yvoir, Florennes (Flavion), Dinant, Gedinne, Vresse‑sur‑Semois, Profondeville, puis cette année, à Anhée (Bioul) et La Bruyère (Meux). Il se pourrait même qu’elle s’arrête aussi, cet été, au musée de l’Eau et de la Forêt de Louvain‑la‑Neuve, au parc du Bois des Rêves — preuve que l’itinérance dépasse parfois les frontières provinciales. Une diffusion qui témoigne de l’intérêt pour cette thématique. Et sans nul doute aussi pour la formule sur laquelle reposent toutes les expositions développées par « le patrimoine culturel » : une base solide et fouillée, enrichie d’une déclinaison locale.
Chaque commune, chaque centre culturel, chaque cercle d’histoire, chaque structure, chaque comité citoyen façonne “son” Histoires d’eau. En collaboration avec l’équipe du patrimoine culturel. «À chaque fois, on accompagne le volet local », précise Mélodie Brassinne. « Parfois, le projet sera développé de manière assez autonome. Parfois, il nécessitera de notre part un travail de coordination – voire de recherches – plus conséquent. On est assez souples au niveau de la déclinaison locale. Cette dernière est obligatoire, mais elle peut prendre différentes formes. Cela varie vraiment d’une expo à l’autre. Tout est fonction des moyens et, bien sûr, de l’existant. C’est même l’un des principes de base des expositions que nous proposons : toujours valoriser ce qui existe sur place. »
Les collaborations donnent sa singularité À chaque étape
Des exemples ? À Sombreffe (la première sortie de l’expo et dans le cadre de la quinzaine wallonne de l’eau), les citoyens ont participé à la production de panneaux additionnels et publié un petit ouvrage. Et on avait procédé à l’inauguration du site des « Trois viviers », la première réserve naturelle de la commune. À Doische, l’expo a pris l’air le long du Ravel durant l’été. À Vresse-sur-Semois, la déclinaison s’est articulée autour de « Albert Raty et le patrimoine de l’eau », avec des panneaux extérieurs et intérieurs mis en parallèle avec une cinquantaine d’œuvres de l’artiste. À Profondeville, un outil pédagogique a été développé à destination des écoles en partenariat avec l’Office du tourisme. Le degré d’implication varie peut-être d’un endroit à l’autre, mais l’esprit reste le même : révéler un patrimoine proche, tangible, accessible.
Chaque exposition prend place dans un lieu mis à disposition par le partenaire local et s’accompagne d’activités de nature diverses et qui différeront aussi selon l’endroit où on se trouve et le(s) partenaire(s) impliqué(s). «On organise souvent des conférences, des balades animées ou pas et aussi des animations scolaires », souligne Mélodie Brassinne. « C’est un aspect auquel nous tenons beaucoup, les élèves devenant un peu, pendant quelques heures, des acteurs du patrimoine. Par ailleurs, si on travaille avec un centre culturel, la programmation peut très bien s’enrichir d’un spectacle. C’est déjà arrivé. »
Ce sont précisément ces collaborations qui donnent à chaque étape sa singularité et qui permettent au public — habitants, élèves, visiteurs de passage — de redécouvrir leur environnement sous un nouvel angle.
DES HIstoires remises en LumiÈRE
À Anhée, on a ainsi braqué les projecteurs sur la restauration de la roue à aubes d’Annevoie. Une vitrine présentait également – autre exemple – des objets liés aux anciennes sources embouteillées du territoire. On rappelle que les balades guidées autour de l’écluse de Houx proposées le 28 mars (de 10 à 12 heures et de 13h30 à 15h30) , en collaboration avec le contrat de Rivière Haute-Meuse (réservation obligatoire : 0479 209 535).
À Meux, l’exposition – toujours visible, on le rappelle, jusqu’au 29 mars – se concentre sur l’héritage du docteur Achille Haibe, ajoutant une dimension humaine à la thématique de l’eau. Une manière supplémentaire — et typique de l’itinérance — d’ancrer l’exposition dans le vécu local.
Avec Histoires d’Eau, la Province de Namur propose donc bien plus qu’une exposition : un outil souple, collaboratif et évolutif, qui raconte une mémoire commune, tout en la réinterprétant à l’échelle de chaque territoire. Une histoire qui est donc remise en lumière…