La chasse au radon est ouverte. Ce gaz radioactif est naturellement présent dans l’environnement et, s’il est inoffensif à l’air libre, il peut à terme entraîner des problèmes de santé lorsqu’il s’accumule à l’intérieur des habitations. Le radon est même la deuxième cause de cancer du poumon, derrière le tabac – faut-il vraiment préciser que le cumul des deux est ravageur ? Chaque année, l’AFCN (agence fédérale de contrôle nucléaire) et ses partenaires, les Sami (service d’analyse des milieux intérieurs) des provinces wallonnes, invitent le public à mesurer le taux de radon dans leur habitation. Le détecteur coûte 20 €, analyse et, le cas échéant, conseils de remédiation compris.
Le 1er octobre marque traditionnellement le coup d’envoi de l’action radon. À partir de là et jusque fin décembre, chacune et chacun peuvent commander un détecteur via le site www.actionradon.be qui leur permettra de mesurer le taux de radon dans leur habitation. Pourquoi à ce moment ? Parce que les températures se font plus fraîches. Portes et fenêtres sont donc plus souvent closes, amenuisant de facto la ventilation des lieux, avec pour conséquence une éventuelle accumulation de ce gaz incolore et inodore.
Tout le monde ? Il existe des zones dites à risque. C’est globalement le sud de la Wallonie. Cela étant, le fait de ne pas vivre dans ces régions ne signifie pas pour autant qu’on n’est pas concerné. De la même manière, ce n’est pas parce que le test de la maison voisine s’est révélé positif qu’il le sera aussi chez soi. Bref, s’il ne faut pas prendre les choses à la légère, il ne faut pas non plus céder à la panique. Tout logement situé en province de Namur, quelle que soit sa localisation géographique, peut être sujet à une teneur élevée en radon… ou pas. Seule solution pour le savoir : faire le test. Et commander son détecteur.
Et pas besoin d’être ingénieur pour réaliser ce test. Il suffit de placer le détecteur en hauteur, sur un meuble de la pièce de vie la plus fréquentée du rez-de-chaussée, et ce pendant trois mois… Il s’agit juste de ne pas oublier de le renvoyer au terme de cette période. Dans l’intervalle, tout se fait tout seul. La présence de radon va provoquer des microperforations sur l’instrument. L’analyse du boîtier en laboratoire permettra de déterminer la concentration en radon à laquelle on a affaire.
En dessous de 300 Bq/m3, il n’y a pas de risque. Entre 300 et 600 Bq/m³, il est recommandé d’améliorer l’aération du logement en ouvrant régulièrement portes et fenêtres. Au-dessus de 600 Bq/m3, une remédiation est nécessaire. Le Sami se rendra sur place pour procéder à une nouvelle inspection, avec d’autres appareils qui lui permettront d’identifier la voie d’entrée du gaz radioactif – la cave ou les murs (via les fissures ou encore les installations sanitaires)… Et de proposer des conseils personnalisés adaptés à la situation. Un nouveau détecteur sera par ailleurs fourni, de quoi permettre de voir si les aménagements ont bien eu l’effet escompté.
Et qu’on se rassure : la présence, même massive, de radon n’obligera personne à déménager. Il existe des situations complexes, mais il y a toujours une solution. Par ailleurs, les exceptions ne sont pas la règle : l’an dernier, 711 demandes de détecteurs ont été effectuées et, après analyse, seuls 19 résultats ont nécessité une visite de remédiation.


