Les Wallos, c’est la fête, l’énergie, les couleurs. Du folklore, des concerts, de la convivialité… Et, le dimanche matin, une marche vers les hauteurs de Saint‑Servais. Dans le cortège, des enfants en T‑shirt blanc rejoignent le cimetière de Namur – dit de Belgrade – pour un moment de mémoire. Une parenthèse solennelle au milieu du tourbillon. Et désormais, elle ne se vivra plus tout à fait comme les précédentes.
Dès l’origine, les fiesses s’inscrivent dans une double dynamique : festive, mais aussi mémorielle. En 1923, François Bovesse crée, avec d’autres, la fête de Wallonie avec l’ambition de préserver la culture wallonne et de nourrir la fierté d’être wallon. Et, dans le même mouvement, la cérémonie du souvenir voit le jour. Cette même année est organisé un premier pèlerinage au cimetière de Namur, où reposent des révolutionnaires de 1830 et des victimes de la Première Guerre mondiale. Un hommage solennel qui s’étendra par la suite, aux victimes, civiles et militaires, de la Seconde Guerre mondiale.
Depuis plusieurs années, le Comité central de Wallonie associe les enfants à la commémoration. Ils sont accueillis au palais provincial pour un petit-déjeuner et reçoivent un T-shirt blanc, orné d’une fleur, symbole de paix. De là démarre le cortège dans lequel ils et elles s’insèrent. C’est à pied qu’ils rejoignent le plus grand cimetière de Namur pour participer à l’hommage rendu aux victimes des conflits. Une fois sur place, les écoliers se voient remettre une fleur qu’ils déposeront en cours de cérémonie.
FAire des enfants des passeurs de mémoire
Cette présence est loin d’être anodine. Et à la Province de Namur, on souhaitait pousser le curseur un peu plus loin encore : impliquer les enfants dans des commémorations – qu’il s’agisse du 11 novembre ou, dans le cas présent, de la cérémonie du souvenir – non pas comme des figurants, mais comme de véritables acteurs de la mémoire.
La cellule du patrimoine culturel de la Province porte en effet une conviction forte : emmener des enfants à une cérémonie ne suffit pas. Pour qu’ils puissent comprendre ce qu’ils vivent, il faut leur donner des repères, du sens, et les aider à saisir pourquoi ces commémorations existent, ce qu’elles racontent, et quel rôle ils peuvent jouer dans la transmission de la mémoire. L’objectif n’est pas seulement de les associer à un rituel, mais de leur permettre de devenir, à leur niveau, des passeurs de mémoire.
Emmener des enfants à une cérémonie ne suffit pas. Il faut leur donner des repères
C’est dans cet esprit que la Province de Namur a décidé de produire un carnet pédagogique destiné aux enseignants et enseignantes qui accompagnent leurs élèves à la cérémonie du souvenir. Ce livret, diffusé via le Comité central de Wallonie, est destiné à préparer les enfants avant la marche vers Saint-Servais : comprendre l’histoire du pèlerinage, saisir le sens de la commémoration, découvrir les monuments, les croix et celles et ceux qu’ils honorent, réfléchir à la notion de mémoire collective et envisager leur rôle dans ce moment symbolique. Il offre aux enseignants un outil simple et accessible pour aborder ces questions en classe et permettre aux élèves de participer à la cérémonie de manière consciente et active.
En proposant ce carnet pédagogique, la Province de Namur renforce son engagement en faveur de la transmission du patrimoine culturel immatériel. Elle accompagne les enseignants, soutient la médiation et permet aux enfants de comprendre que la mémoire n’est pas un héritage figé, mais une responsabilité partagée. Grâce à cette démarche, la cérémonie du Souvenir, au cœur des Fêtes de Wallonie, devient plus qu’un rituel : un moment de citoyenneté, de réflexion et de transmission entre générations.
Découvrir la brochure, c’est par ici : https://www.patrimoineculturel.org/documents/fichier/1/80/20260828_140738ceremonie_souvenir_livret_enseignants.pdf