La santé digitale au cœur du quotidien de la haute école de la Province de Namur (HEPN) et du projet Interreg IT4Anxiety (notre édition…). Pour mémoire, le projet réunit, sous la coordination du CNP Saint-Martin de Dave, 23 partenaires de six pays (Allemagne, Belgique, France, Irlande, Pays-Bas et Royaume-Uni), dont trois leader. La mission de la HEPN : sensibiliser les utilisateurs et les soignants à la santé digitale dans le secteur de la santé mentale.
C’est ainsi – notamment – qu’un cycle de formation baptisé L’Anxieté, la Technologie et Vous ouvert à tous avait eu lieu fin octobre dans le cadre du Kikk Festival (L’anxiété, la technologie et nous au cœur du Kikk – Province de Namur). D’autres rendez-vous seront encore organisés cette année en Belgique et à l’étranger. Parallèlement, la petite équipe qui assure la gestion du projet au sein de la HEPN continue à développer des outils et s’attelle à créer les contours d’un nouveau métier. Rencontre avec Muriel Dulière, l’une de ses membres.
Namur Province la News (NPLN) – Petit retour sur l’événement d’octobre dans le cadre du Kikk Festival. Comment cela s’est passé ?
Muriel Dulière (MD) – Plutôt bien. Sur les 75 inscrits, on a finalement eu 55 participants. Après les modules liés à l’anxiété, à ce qu’est la santé digitale ou encore à la manière de l’intégrer dans les institutions, on a travaillé sur les freins et autres barrières liées aux technologies. C’était très interactif, il y a eu pas mal de débats.
NPLN – Les participants ont également pu tester des outils digitaux…
MD – Effectivement. Des start-up étaient là pour présenter leurs produits et notamment Healthy Mind, une solution pour gérer la douleur et l’anxiété par l’hypnose via la réalité virtuelle. Il y avait aussi Focus Kids, le compagnon anti-stress des enfants ou encore la présentation d’un électroencéphalogramme portable qui permet de diagnostiquer ou de détecter plus précocement des dépressions ou autres pathologies en santé mentale via des biomarqueurs et de suivre leur évolution. Le fait que la manifestation prenne place dans le cadre du Kikk festival a permis aux participants d’aller à la rencontre d’autres « inventions », pas forcément en lien avec le domaine de la santé, et, de ce fait, d’élargir encore le réseau et la vision de l’innovation en tous genres.
NPLN – Les deux journées de formations vont donner lieu à d’autres…
MD – Tout à fait. On a procédé à une évaluation – incluant un retour des participants – sur base de laquelle on rebondit, de manière à faire évoluer et adapter la formation, en tenant compte, bien sûr, d’éventuels souhaits spécifiques. C’est le cas de la prochaine session qui se tiendra le 20 mars prochain au CNP Saint-Martin. La nouvelle version s’adressera uniquement aux professionnels de la santé (pas uniquement le personnel de Saint-Martin), alors qu’en octobre dernier, on y retrouvait aussi des entrepreneurs, des chargés de projet, des étudiants, des enseignants ou encore des personnes qui souffraient d’anxiété. Autre différence : il n’y aura qu’une seule journée en présentiel
NPLN – Cela signifie qu’on va réduire la voile, restreindre le propos ?
MD – On va se focaliser sur ce qui répond au mieux aux besoins du personnel soignant et sur ce qui l’intéresse le plus. En l’occurrence, il s’agit de rentrer dans le concret et dans l’usage qu’il peut en faire au quotidien : la différence entre l’anxiété et le stress ou encore les questions sur la relation de soins et la santé digitale en général.. Et puis, il y a le pratico-pratique : aller un peu plus loin encore dans le testing, et particulièrement d’outils qui correspondent vraiment à la réalité de terrain. Cela dit, les participants bénéficieront d’un accès à notre plateforme numérique. De quoi enrichir ses connaissances et approfondir certains thèmes.
NPLN – Quelques mots à propos de cette plateforme numérique…
MD – Nous avons créé une plateforme Moodle avec des modules de formation théorique sur la relation de soins, la santé digitale ou encore l’anxiété. Elle comprend également des interviews – une trentaine environ. C’est vraiment une co-construction avec toute une série de partenaires qui nous ont nourris tout au long de cette année : des experts de terrains, des soignants qui utilisent des outils ou qui les ont pratiqués et fournissent un avis. Enfin, il y a aussi la rediffusion de nos événements. On peut ainsi visionner la formation qui a eu lieu en octobre à Namur, tout comme on pourra le faire pour nos futures formations … Nos modules seront également exportés dans les différents pays partenaires. – ce qui implique de sous-titrer le propos dans les langues qui y sont parlées.
NPLN – Vous parlez d’exporter la formation…
MD – Pas mal d’événements vont avoir lieu, en mars en Allemagne, un autre est également prévu aux Pays-Bas.. La santé digitale évolue différemment de part et d’autre de la frontière. Par exemple, les Pays-Bas sont particulièrement avancés en matière de réalité virtuelle. On vient donc avec ce qu’on peut apporter et on intègre des experts propres à la culture et aux réseaux de soins de santé du pays qu’on visite, de manière à répondre à la demande et aux besoins du pays en question.
NPLN – Qu’en est-il pour l’Allemagne ?
MD – Une des particularités de nos partenaires allemands, c’est qu’ils ont un référent numérique, c’est-à-dire une personne qui s’occupe d’harmoniser l’usage des outils digitaux à l’intérieur de l’institution, de pérenniser, d’étudier, de sélectionner au mieux l’outil digital le plus adéquat et répondant au mieux aux besoins des professionnels. Il va de soi qu’on va travailler de manière très rapprochée avec cette personne
NPLN – Est-ce un métier qu’on pourrait voir apparaître chez nous ?
MD – La formation a en tout cas révélé la nécessité de créer cette fonction. Il y a déjà des ébauches. Dans certaines institutions, dans certains hôpitaux, on a parfois intégré sur fonds propres, des « développeurs » ou « managers » innovation. De notre côté, nous avons travaillé sur un profil de manière à le structurer, à le standardiser pour que, demain, une personne facilite et prenne en charge la mise en place d’une politique institutionnelle d’innovation au sein d’une structure. Que ça ne reste pas une initiative personnelle sans que le reste du service ne soit au courant que, dans la salle d’à côté, une innovation s’opère et dont d’autre pourrait en profiter.
NPLN – Et concrètement, vous en êtes où ?
MD – Le profil est écrit. Un expert en innovation va l’adapter et on pourra ensuite le transmettre et le soumettre à toute une série d’institutions. Avec, à la clé aussi, la promotion de notre formation qui permettra d’adapter ou d’enrichir et de former ces nouveaux profils. On a également travaillé, en collaboration avec le Forem, afin d’identifier un profil de compétences qui correspond à leurs standards.
NPLN –On le sait, les projets européens ont une durée déterminée. Quand IT4Anxiety arrive-t-il à son terme ?
MD – La fin du projet est programmée en septembre 2023. Nous organiserons auparavant, pour marquer le coup en quelque sorte, une grosse conférence finale qui rassemblera l’ensemble de nos partenaires belges et européens, en ce compris les start-up que nous avons croisées et qui se sont impliquées. Elle se déroulera les 29 et 30 juin, à la Bourse (Namur) et sera ouverte à tous. L’occasion d’exposer nos découvertes, nos avancées, nos «délivrables» au grand public… De diffuser l’information et voir s’il y a des amateurs pour pérenniser le projet.
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