Du bon grain pour du bon pain

Certes, les tests liés aux céréales et à la panification ne sont sans doute pas ceux qui sont le plus fréquemment réalisés à l’OPA – office provincial agricole. L’image n’en reste pas moins parlante et illustre à merveille l’esprit de l’ensemble de sa démarche. Car derrière un pain bien levé, un fourrage équilibré ou une culture bien conduite, il y a toujours une meilleure connaissance des sols, des productions et des intrants. Des céréales à l’eau, en passant par les effluents ou les fourrages, l’OPA met à disposition un éventail d’analyses poursuivant un même objectif : aider à produire mieux, de manière raisonnée, au bénéfice de l’agriculteur comme du consommateur.

Les analyses de sol s’adressent aux agriculteurs, viticulteurs, maraîchers ainsi qu’aux particuliers souhaitant mieux comprendre et valoriser leurs sols.

Elles permettent d’évaluer les principales caractéristiques du sol, comme le pH, la teneur en matière organique (carbone organique et azote total, ainsi que leur équilibre C/N), certains éléments minéraux, la proportion d’argile et la capacité d’échange cationique (CEC), qui influencent la fertilité et le comportement du sol.

À partir de l’ensemble de ces résultats, le laboratoire établit un conseil de fumure en phosphore (P), potassium (K) et magnésium (Mg), adapté aux besoins de la culture et aux réserves du sol.

L’objectif est d’aider chacun à mieux connaître son sol afin d’apporter les bons éléments, aux bonnes doses, et de manière raisonnée, pour favoriser la croissance des plantes tout en préservant la fertilité à long terme.

L’objectif des analyses de nitrates est d’aider les agriculteurs à ajuster la fertilisation azotée des cultures. L’azote est un élément indispensable au développement des plantes. Dans le sol, il se transforme naturellement en nitrate, la forme principalement assimilée par les cultures. En cas d’excès, ces nitrates peuvent être entraînés par les pluies vers les nappes phréatiques. Deux mesures seront réalisées. À l’automne, on va voir ce qu’il reste dans le sol après la culture et, au printemps, ce qui est encore disponible avant d’intégrer quoi que ce soit. En d’autres termes, les analyses permettent d’évaluer la quantité de nitrates présente dans le sol afin d’ajuster les apports aux besoins réels des cultures. Cette démarche favorise une fertilisation raisonnée, à la fois efficace pour les cultures, économiquement maîtrisée et respectueuse de l’environnement.

Les analyses de traces métalliques – et donc des métaux lourds – sont réalisées parce que ces éléments sont polluants et peuvent être nocifs pour la santé, allant jusqu’à provoquer des intoxications. Par exemple, une culture de pommes de terre a dû être bloquée en raison de la présence de cadmium dans le sol. Si ces analyses concernent les agriculteurs, elles sont également très demandées par les particuliers, soucieux de s’assurer que leur potager est sain et que les légumes cultivés pour leur propre consommation ne sont pas contaminés, mais aussi par des institutions publiques confrontées à des situations de pollution des sols.

Les analyses de fourrages ont pour objectif d’évaluer leur valeur alimentaire. Dans une ferme, les agriculteurs produisent notamment de l’herbe et du maïs destinés à l’alimentation des vaches. L’analyse de ces fourrages permet de les valoriser au mieux, en connaissant leur richesse en énergie, en protéines et leur digestibilité. Les résultats d’analyse permettent d’ajuster les rations, par exemple la proportion d’herbe et de maïs, afin d’améliorer les performances des vaches, comme la production de lait. Ces analyses intéressent également des négociants qui s’appuient sur ces résultats pour adapter et compléter les rations qu’ils proposent.

Analyser les effluents d’élevage permet d’en connaître précisément la composition, comme la matière organique, l’azote (total et sous forme ammoniacale) et plusieurs éléments minéraux, avant leur épandage sur les champs. Utilisés comme apport organique pour favoriser la croissance des cultures, ils peuvent ne pas être pleinement valorisés par les cultures s’ils sont mal dosés. Les analyses sont donc indispensables pour ajuster leur utilisation.

Les analyses des céréales, qu’elles soient destinées à l’alimentation animale ou humaine, servent principalement à renseigner sur leur qualité et leur valeur nutritionnelle. Elles permettent notamment de connaître la teneur en protéines, l’humidité ainsi que l’indice de Hagberg. Ce dernier permet d’évaluer le comportement de la farine, notamment sa capacité à former un bon ‘’réseau’’, essentiel pour obtenir un pain bien levé et aéré. Les résultats servent ainsi à mieux valoriser les céréales produites en fonction de leur qualité.

Des analyses d’eau sont également réalisées, dans une moindre mesure et souvent à la demande de particuliers. Elles portent sur quelques paramètres ciblés, tels que le pH, certains minéraux (oligo-éléments) et les nitrates. Elles ne visent toutefois pas à déterminer la potabilité de l’eau.